Tombe de gé;int. La Marmora, Atlas, pi. IV
LES TOMBES DES GEANTS
la stèle ; eût-il pénétré dans ce corridor, il ne pourrait s'y tenir que sur le dos ou sur le ventre. La question est tranchée d'ailleurs par le fait que Ton a trouvé dans plusieurs de ces tombeaux des ossements humains, accompagnés d'armes en bronze et de vases grossiers en terre cuite ! ? Comme on pouvait s'y attendre, d'après la forme même de la tombe, aucune trace d'incinération. Ces monuments sont orientés au même point de l'horizon, c'est-à-dire à l'est, 10 degrés au sud, ce qui est à peu près la direction du lever du soleil en hiver ; les morts auraient donc eu la face tournée vers les premiers rayons de l'astre naissant 2.
Ce qu'il y a de plus curieux ici, c'est cette ouverture de la stèle, par laquelle on pouvait allonger le bras dans la tombe pour y verser des libations ou y déposer des offrandes ; cette disposition est la marque certaine d'un culte des morts analogue à celui que nous avons constaté chez tous les peuples dont nous avons jusqu'à présent étudié la tombe. Il est probable qu'en temps ordinaire cette fenêtre était fermée par une pierre que l'on soulevait à certains anniversaires, quand les parents et les amis se réunissaient auprès du sépulcre.
Il semble que, comme les nouraghes, les tombes sardes aient attiré l'attention de quelques voyageurs grecs, par l'étrangeté de leur aspect, par la hauteur de la stèle, qui en signalait de loin l'emplacement et surtout par les dimensions inaccoutumées du caveau, ainsi que par certains rites traditionnels ; un mot d'Aristote semble faire allusion à un usage local dont il aurait entendu parler 3. On allait, paraît-il, dormir auprès de ces tombeaux, sans doute pour y avoir des songes que l'on acceptait comme des oracles ; c'était là, racontait-on pour expliquer cette brève allusion du philosophe, qu'étaient ensevelis
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