‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 342 sur 440 · La chaussure à pointe sur un vase cypriote · texte numérisé non relu

La chaussure à pointe sur un vase cypriote

\. Histoire de l'Art, t. H, p. 553. Fr. Lenormant, Gazette archéologique, 1883, pp. 130-131.

2. Nous reproduisons un de ces vases, qui a été publié par M. Salomon Reinacb, dans une de ses Chroniques d'Orient (p. 360 du tome VI de la troisième série de la Revue archéologique, 4885). Pour les cylindres, voir Alexandre de Cesnola, Salaminia, fig. H6 et pi. xn, fig. 2.

3. On retrouve encore Tare dans une autre stèle de Marach dont le plâtre esta Berlin.

4. Cette môme dague, avec sa poignée ronde, est figurée plus clairement sur la stèle à laquelle nous renvoyons dans la note précédente.

ment de ses modèles ne peut être qu'une sculpture habillée, comme celle de la Chaldée et de l' Assyrie. Encore arrive-t-il quelquefois que l'artiste ninivite soit conduit, par le caractère anecdotique des scènes qu'il représente, à tenter, non sans gaucherie, de représenter le nu1. Il n'en a pas été de même du sculpteur hétéen, dont l'œuvre n'offre pas de tableaux aussi variés; aussi, parmi tous les bas-reliefs que l'on est en droit de lui attribuer, soit parce qu'ils sont accompagnés d'inscriptions, soit parce qu'ils portent la marque certaine de son style propre, n'y en a-t-il pas un qui offre une image où la nudité soit même partielle. La seule figure nue que l'on pourrait avoir la pensée de mettre à son compte est cette Anat ou cette Istar que l'on a signalée dans les ruines de Gargamich, et encore qui sait si ce bas-relief ne date pas du temps où cette ville fit partie de l'empire assyrien, puis du second empire chaldéen? Il était, nous dit-on, modelé dans une plaque de calcaire, tandis que toutes les autres sculptures qu'a fournies ce district sont taillées dans le basalte; on se demande donc s'il n'a pas été apporté d'au delà de l'Euphrate, si ce n'est pas l'ouvrage d'un maître assyrien, accoutumé à travailler la pierre tendre. De toute manière, en admettant que ce monument ait jadis décoré le palais d'un roi de Gargamich, il n'y faudrait voir qu'une copie d'un type très ancien, probablement originaire de la basse Chaldée. Quand se sera introduit dans la Syrie septentrionale le culte de cette déesse, déjà populaire dans toute l'Asie antérieure, on aura emprunté, avec les rites qui se célébraient en son honneur, l'image de la divinité, telle que l'avait fixée la tradition; à ce titre, même exécuté à Gargamich, par un ouvrier du pays, ce bas-relief resterait une sorte de pastiche, étranger à toutes les habitudes, à toutes les données de l'art hétéen.

Cet art, tout médiocre qu'il soit demeuré, même dans ses œuvres les plus soignées, a eu pourtant ses progrès et son développement. Quelque peu nombreux que soient les monuments qui nous ont servi à en donner une idée, on peut, ce semble, y distinguer deux périodes, l'une où il ne relève que de lui-même, où il est original dans sa rudesse barbare, et l'autre où il subit l'influence de voisins plus avancés, où, à leur contact et à leur exemple, il prend tournure, fait preuve de plus d'aisance et de liberté. La première période, c'est celle des bas-reliefs de Sindjirli et surtout des stèles de Marach et de Roum-Kalé, de ces monuments où il y a si peu de mouvement et de diversité, où toutes

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