I. Voir encore Wright, The Empire, pi. ix
signes, trop saillants, donnent-ils à l'ensemble un aspect un peu brouillé qui n'est pas des plus heureux.
Comme les Assyriens, comme tous les peuples chez qui le sculpteur n'a pas l'occasion de contempler le corps humain sans voiles, ce que les Hétéens ont le mieux rendu, c'est la forme de l'animal. Il y a, dans leurs inscriptions, des têtes de bœuf, de bélier, de chèvre, d'âne et de cheval qui, tout abrégée que soit l'image, sont dessinées par un contour très fferme et très juste (fig. 256); mais le chef-d'œuvre de cet art, c'est peut-être ce lièvre, qu'a représenté en course, puis au repos, le calligraphe ou plutôt le sculpteur qui a ciselé l'inscription du lion de Marach (fig. 254 et 255). Cet art faisait une grande place au lion; il le dressait, massif et colossal gardien de pierre, devant les portes des palais; il en montrait volontiers la silhouette dans ses bas-reliefs. Le lion, qu'il faut aller chercher aujourd'hui plus au sud, habitait encore, dans l'antiquité, les vallées et les plateaux du Taurus. Le sculpteur syrien avait pu l'étudier sur le vif; il l'avait entendu rugir. Cependant il n'a pas su lui donner cette puissance, cette intensité de vie, cette expression passionnée que l'on admire dans certains morceaux de la chasse d'Assourbanipal; mais si les attitudes sont peu variées, si le mouvement n'est pas toujours heureux, tout au moins le sculpteur a-t-il bien saisi le caractère que présentent chez cet animal la tête et la face ; il l'a traduit avec une remarquable énergie. La gueule est franchement ouverte; il y a bien sur le front et sur les joues ces plis profonds de la peau qui donnent à ces grands carnassiers une physionomie si particulière. Quant au modelé du corps, il laisse à désirer; le sculpteur semble avoir hésité entre deux interprétations qui, l'une et l'autre, cherchent l'effet aux dépens de la vérité. Dans la scène de chasse, pour que le lion eût l'apparence de la force, on l'a représenté gros et court (fig. 279); la figure est lourde. Au contraire, dans ce bas-relief où le lion, couché sur le sol,. sert de support et comme de vivant piédestal à la majesté divine, il s'allonge et s'effile outre mesure (fig. 276). De ces deux types, celui qui paraît l'avoir emporté, celui du moins que nous retrouverons seul en faveur chez les Hétéens de la Cappadoce, c'est le second, celui que l'on peut appeler le type mince. Il fut trouvé sans doute le plus expressif des deux, celui qui rappelait le plus vivement l'extraordinaire agilité du lion, la rapidité de sa course et l'élan de ces bonds prodigieux qui le jettent de si loin sur sa proie.
Ces monuments de la Cappadoce, que tant de liens rattachent à ceux de la Syrie septentrionale, l'heure est venue d'en aborder l'étude;