LA VILLE DES PTÉRIENS. — SES ÉDIFICES ET SES DÉFENSES
Boghaz-keui est un village d'à peu près cent cinquante maisons situé à cinq heures environ vers le nord-nord-ouest de Iusgat, sur le cours d'une petite rivière qui coule vers Songourlou et de là se rend à l'Halys. C'est deux heures avant d'arriver au village que le chemin commence à suivre les bords du ruisseau. Jusque-là grises et pelées, les hauteurs se couvrent de taillis de chênes ; de belles masses de rochers calcaires dominent parfois la gorge étroite. Près du village, cette gorge s'élargit en une plaine; la montagne qui, sur la rive droite, continue à serrer le torrent, sur la rive gauche le quitte à angle droit et se dirige vers l'ouest, en s'abaissant, du côté de la plaine, par une suite de larges terrasses qui regardent le nord. Le village de Boghaz-keui occupe les pentes inférieures. L'ancienne cité descendait jusque-là; mais son enceinte et ses constructions s'élevaient, de terrasse en terrasse, jusque sur les hauteurs. Pour donner quelque idée du relief de ce terrain, de l'étendue de cette enceinte et de la manière dont les ruines y sont distribuées, nous aurions voulu mettre un plan sous les yeux du lecteur; mais celui de M. Texier est vraiment trop inexact pour qu'il y ait intérêt à le reproduire1.
Les monuments de Boghaz-keui se divisent en deux groupes distincts, la cité et ses défenses, sur la rive gauche du torrent, et, sur la droite, la chambre à ciel ouvert, connue sous le nom de Iasili-kaïa ou « la pierre écrite », dont les parois sont couvertes de bas-reliefs taillés dans le roc vif. H convient de commencer par la ville, et de prouver d'abord, ce qui a été révoqué en doute, qu'il y a bien eu là une véritable cité.