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croire l'académicien qui, chargé de faire un rapport sur la découverte, alors récente, de M. Texier, reconnaissait ici « Astarté appelant à l'immortalité un monarque vertueux * ». On a présenté, de cette grande page de sculpture, deux espèces d'explications. Vivement frappés du caractère symbolique propre au grand bas-relief du fond, Raoul- Rochette et Lajard se sont accordés à reconnaître dans les deux principales figures les grandes divinités de la religion assyrienne, le dieu Sandon, transformé en Hercule par les Grecs, et la déesse Mylitta, l'analogue d'Aphrodite2. D'autres savants, notamment ceux qui ont exploré eux-mêmes la Ptérie, voient ici l'alliance de deux peuples sous les auspices des dieux. Quels sont ces peuples? Pour toute la période' antérieure aux guerres médiques, l'histoire des parties orientales de l'Asie Mineure nous est presque complètement inconnue; nous ne trouvons pas plus de renseignements chez les auteurs classiques que dans les documents orientaux ; les dates sont incertaines et les personnages à demi fabuleux. L'absence de toute inscription, du moins de toute inscription lisible, épaissit encore la nuit; aussi est-on loin d'être d'accord.
Dans la première explication qu'il avait donnée de ce monument, M. Texier avait reconnu à première vue des Paphlagoniens et des Amazones. Plus tard il y a cherché un souvenir du culte d'Anaïtis, la grande déesse médique, et des dieux Omanus et Anadate qui, d'après Strabon, partageaient ses autels3; ces bas-reliefs représenteraient les Sacœa, fêtes où l'on commémorait, dans tout l'empire médique, l'anniversaire d'une victoire remportée sur les Saces, conquérants d'origine scythique4. Hamilton, lui, incline à voir ici un roi de Médie et un roi de Lydie qui s'avancent, accompagnés de leurs serviteurs, pour traiter de la paix; à droite seraient les Mèdes, à gauche les Lydiens et les Phrygiens5. M. Kiepert est aussi frappé des grands bonnets coniques, et insiste sur le passage dans lequel Hérodote signale les tiares terminées en pointe que portaient les Saces ou Scythes Cimmériens, race qui domine dans l'Asie antérieure jusqu'au temps d'Alyatte-et de
1. Nous empruntons cette citation à E. Vinet. Son article sur les Missions de Phénicie et d'Asie Mineure, recueilli dans le volume de mélanges intitulé VArt et l'Archéologie (in-8°, Didier, 1874), nous a mis sur la voie de bien des rapprochements instructifs.
2. Raoul-Rochette, Mémoire sur l'Hercule phénicien et assyrien (Académie des inscriptions, Mémoires, t. XVH, 1848, p. 180). Lajard, Recherches sur le culte de Vénus en Orient et en Occident, p. 119.