‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 362 sur 440 · LK SANCTUAIRE · texte numérisé non relu

LK SANCTUAIRE

1ASILI-KAIA.

deux dans celui de droite, et, sauf un seul, qui reste à part, tous les personnages de cette bande reproduisent fidèlement un type unique.

Dans tous les personnages de droite, hors dans celui auquel nous avons fait allusion, qui marche le second, ce sont des femmes que Ton croit reconnaître à la robe traînante dont les plis réguliers descendent jusqu'à la cheville, et aux cheveux qui tombent en longues tresses sur les épaules. Nous ajouterons, observation qui n'avait pu être faite avant de toutes récentes découvertes, que la tiare ronde, Tunique coiffure que

3H. — Iasili-kala. Bas-relief de la grande enceinte, lettre F du plan.' Hauteur de la seconde figure, 0m,81. Exploration archéologique , pi. xlviii.

l'on rencontre dans cette série, ressemble fort à celle que portent les femmes dans les stèles de Marach (fig. 280 et 281); seulement, ici cette tiare, posée plus droite, est cannelée et comme tourrelée par en haut. C'est la même coiffure, mais devenue plus élégante et plus ornée, ou peutêtre seulement dessinée par un ciseau plus adroit à rendre de menus détails (fig. 311). Dans le cortège de gauche il n'y a que des hommes1;

{. Ce n'est pas l'avis de M. Ramsay, qui a examiné avec soin ces bas-reliefs et en a fait le sujet d'intéressantes observations (p. 14 à 21 de l'étude intitulée On the early historical relations between Pkrygia and Cappadocia, dans le Journal of the royal asiatic society ofGreat Britain and Ireland, volume XV, partie i). Il croit que le cortège de gauche contient aussi nombre de figures féminines. Ses raisons ne nous ont pas convaincu.

630 LES HETEENS.

quelques-uns sont barbus ' ; la plupart portent un même costume, le bonnet conique que nous avons déjà rencontré dans les monuments de la Syrie septentrionale et la tunique courte, qui s'arrête au-dessus du genou (fig. 312); par-dessus cette tunique est parfois jeté un manteau, qui s'allonge en pointe par derrière et cache une des jambes, mais laisse l'autre dégagée et découverte (pi. VIII, D).

11 n'y a que deux personnages à propos desquels on pourrait avoir quelques doutes (pi. VIII, D, au milieu); ils sont vêtus d'amples robes qui couvrent même les pieds ; mais leur coiffure n'est pas celle des femmes; ils n'ont ni les tresses sur le dos, ni la tiare ronde et cannelée; la calotte dont ils sont coiffés, se rencontre, en Syrie, sur la tête de personnages auxquels il n'y a aucune raison d'attribuer le sexe féminin (fig. 269, à gauche); c'est, avec la visière en moins, la coiffure du roi Tarkudimme (fig. 262). Dans ces deux personnages, qui n'ont certainement pas de barbe, nous verrions des prêtres eunuques, type que des figures isolées, de plus grande dimension, reproduisent deux fois encore dans la suite de ces bas-reliefs (fig. 314 et 321) et que nous retrouverons à Euiuk.

Dans chacune des deux séries, les figures vont grandissant à mesure qu'elles se rapprochent du point de rencontre; de 0m,75 à 0°\80 qu'elles ont près de l'entrée, elles arrivent, dans le groupe central, à près de 2 mètres. Cette différence d'échelle s'explique par une idée naïve que l'on rencontre chez presque tous les artistes primitifs : c'est le désir de marquer l'importance relative des personnages par la différence de leur taille. Les hommes du commun ne peuvent être aussi grands que les princes et les rois; les rois même doivent être de moins haute stature que les dieux. L'artiste traduit tout d'abord ainsi, pour l'œil de la foule, des distinctions qu'un art plus savant indiquera parla différence du costume et surtout par le caractère plus noble des mouvements et des types. Il va de soi qu'ici les principaux acteurs de la scène, des dieux, croyons-nous, sont ceux qui marchent en tète des deux cortèges.

Interpréter cette scène est chose moins facile que ne paraissait le

i. Ce détail disparaît à l'échelle où sont réduites les figures dans notre planche d'ensemble, et il faut même une grande attention pour le distinguer sur l'original ; c'est surtout par le toucher, en promenant les doigts sur le roc, que nous avons pu le constater dans maintes figures des bas-reliefs A, A' et B (Exploration archéologique, p. 353 et 354). Sur notre planche, la barbe n'est nettement visible que dans la figure qui marche en tête du cortège de gauche; comme cette figure est de plus grande dimension, le dessinateur a pu bien y marquer ce trait, qui est aussi très apparent sur le bas-relief.

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