TOME IV
698 LES HETEENS.
du couloir1 (fig. 315 et 316). Les animaux, tels que le lion, le taureau, l'antilope servant de soutien aux personnages divins, se rencontrent dans les sculptures assyriennes et sur les pierres gravées2; on y trouve entre autres une figure de femme, à robe longue, à tiare cylindrique, debout sur un lion, qui rappelle tout à fait la conductrice du cortège de droite dans le sanctuaire ptérien (fig. 313 3). Ce qui, par l'aspect général, par le mélange de la forme humaine et de formes animales, par l'attitude des personnages debout sur des animaux réels ou fantastiques, rappelle le plus les bas-reliefs de Boghaz-keui, ce sont ceux qui, au nord de Mossoul, à Bavian et à Malthdi, sont sculptés, comme ceux de la Ptérie, au flanc des rochers4. Les taureaux mitres que Ton voit paraître dans le grand bas-relief (fig. 313) et dans les édicules (fig. 314 et 321) jouent en Assyrie le rôle que Ton sait3. Il n'est pas jusqu a ces colonnes proto-ioniques, comme on les a appelées (fig. 314 et 321), que Ton ne retrouve à Ninive6; mais, par leur forme conique très marquée et par l'absence de bases, elles ont ici un caractère un peu différent et plus primitif. L'habitude de mettre des fleurs dans la main des personnages est familière aussi aux artistes assyriens; dans la main d'un roi, on en voit une qui a presque la même forme que l'une des nôtres (pi. VI 11, lettre E)7. L'espèce de masse d'armes et la hache à deux tranchants que portent plusieurs figures de Boghaz-keui se retrouvent dans les bas-reliefs assyriens8. Le globe ailé, qui à Boghaz-keui surmonte les deux édicules (fig. 314, 321), est partout en Orient; nous l'avons signalé en Egypte, en Mésopotamie et en Phénicie. Euiuk laisse la même impression. Le combat du lion et du taureau, dont nous avons ici une variante, le combat du lion et du bélier (fig. 340) avait certainement, dans l'art de l'Asie antérieure, une valeur symbolique; on l'y rencontre partout, de la Chaldée à Persépolis9. Il en est de même du lièvre (fig. 343); les sculpteurs assyriens le figurent déchiré par les serres d'aigles ou de vautours qui le dévorent10. Des ivoires provenant
i. Histoire de l'Art, t. H, fig. 6 et 7.