‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 398 sur 440 · Voir la dernière ligne de l'inscription, figure · texte numérisé non relu

Voir la dernière ligne de l'inscription, figure

2. M. Ramsay, qui, en 1882, paraissait hésiter (Journal, t. 111, p. 10), est maintenant tout à fait d'avis de voir ici un monument hétéen (lettre du 4 janvier 1880), et personne ne connaît mieux que lui les monuments de l'Asie Mineure. 11 serait d'avis de rattacher

voisin, M. Ramsay a retiré une inscription en hiéroglyphes hétéens, qui est encore inédite1.

Les monuments variés que les Phrygiens ont élevés dans ce canton, qui est devenu pour eux un centre politique et religieux, de première importance, ont pu contribuer à effacer les vestiges du séjour qu'y avaient fait et des travaux qu'y avaient exécutés leurs prédécesseurs. Il n'en demeure pas moins démontré, par le lion de Kalaba, par les figures deGhiaour-kalési et par la découverte d'hiéroglyphes hétéens auprès du tombeau de Midas, que les Hétéens occidentaux ont franchi l'Halys, qu'ils ont fait sentir au delà de ce fleuve et jusque dans le bassin du Sangarius l'ascendant de leur puissance militaire et celui de leur civilisation.

Les Hétéens de la Cappadoce, ceux qui avaient leur capitale dans la Ptérie, ont abordé le plateau central par les gués du moyen Halys et par la route dont Ancyre était une des étapes ; mais c'est par une autre voie que s'y sont répandus et qu'y ont propagé leur écriture et leurs arts les fils de la même race qui occupaient la Cilicie, laquelle fut pendant longtemps une simple annexe de la Syrie septentrionale. Le mouvement de translation et de propagande paraît même avoir été, dans cette direction, plus actif encore et plus efficace, la pression exercée sur l'Occident paraît avoir été plus forte. En effet, il y a en Lycaonie, c'est-à-dire dans toute la partie méridionale du plateau anatolien, plus de monuments hétéens qu'en Phrygie, il y en a plus de ceux qui portent la marque incontestable de cet art que caractérise l'emploi de l'écriture dite hamathéenne. C'est par le long défilé connu sous le nom de Portes ciliciennes, à travers le Taurus, que, partant de Tarse, les armées ou les caravanes qui venaient de Cilicie débouchaient dans les hautes plaines de l'intérieur; or il se trouve justement que, des deux côtés de l'issue de ce passage, à Tyana et à Ibriz, on signale des monuments dont l'origine hétéenne ne saurait être révoquée en doute.

Dana ou Tyana, très ancienne ville que mentionnent déjà les inscrip-

à cette môme série le bélier colossal qui a été découvert, sculpté dans un bloc de rocher, tout près du bas-relief que nous avons reproduit (Journal, pp. 25-20 et pi. XX). Là, pas d'hiéroglyphes, et l'image que nous avons sous les yeux est si peu nette, que Ton ne saurait juger de la facture; nous nous abstiendrons donc de nous prononcer. \. Lettre du 4 janvier 4886.

tions assyriennes et où a passé Xénophon, était, à l'époque romaine, le chef-lieu de Tune des préfectures de la Cappadoce1 ; elle est d'ailleurs tout à l'extrémité de cette province, et la plaine qui formait son territoire n'est qu'une prolongation du steppe lycaonien. M. Kamsay a vu là, en 1882, dans la maison d'un Grec, une dalle qui porte un texte hétéen en quatre lignes, au-dessus du buste, dessiné au trait, d'un personnage barbu, coiffé delà tiare cylindrique; il n'a pu, par malheur, en prendre qu'une copie très sommaire*. Ce que le monument a de curieux, c'est que les caractères, quoique appartenant bien au même type que ceux des inscriptions du Naharana, sont gravés en creux au lieu de l'être en relief.

L'autre monument auquel nous avons fait allusion est voisin du village d'ibriz3, qui est à trois heures au sud-est de la petite ville d'Eregli, laquelle a succédé à l'antique Kybistra, plus voisine encore de la Lycaonie que ne l'est Tyana. Ibriz n'est pas dans la plaine, comme Eregli, mais au pied de la montagne qui porte aujourd'hui le nom de ce village, de Ylbriz-dagh, un des contreforts du Bulgar- Dagh, qui est un des principaux sommets du Taurus cilicien. Des eaux abondantes descendent de hauteurs que couvrent d'épaisses forêts. Le pays est fertile et verdoyant; partout, sur les pentes inférieures et dans les fonds, de beaux noyers et d'autres arbres fruitiers ; la vigne réussit admirablement dans tout ce district.

Le bas-relief (fig. 354) qui attirera désormais dans ce village plus d'un voyageur avait été vu jadis par un officier allemand, Fischer; celui-ci en avait rapporté un très médiocre croquis, que Ritter a reproduit dans son grand ouvrage4; mais la première description détaillée et la première image fidèle ont été données il y a dix ans par un voyageur anglais, le révérend E.-J. Davis, chapelain du consulat an-

\. L'emplacement a été reconnu près du village de Bor, qui est marqué sur la carte de Kiopert.

2. La copie de M. Ramsay est reproduite dans Wright, The Empire, pi. XV. La découverte du monument avait été annoncée par M. Sayce, dans une lettre adressée à VAcademy (5 août 1882, p. 102). On y trouvera quelques détails sur les circonstances qui onl empêché M. Ramsay de rapporter une meilleure copie du monument.

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