‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 405 sur 440 · Stèle d'Iconium. Texier, pi. cm · texte numérisé non relu

Stèle d'Iconium. Texier, pi. cm

742 LES HÉTÉBNS.

caractères qui en ont été transcrits, paratt avoir appartenu à l'un de ces alphabets asiatiques qui, comme ceux de la Lycie et de la Carie, renferment des signes que ne contient pas l'alphabet grec.

Entre ces monuments hétéens de la Lydie, auxquels nous avons déjà fait plusieurs fois allusion, et ceux de la Phrygie et de la Lycaonie, on voudrait trouver des intermédiaires, qui marquassent les étapes successives de la conquête hétéenne. Ces jalons manquaient encore, il y a peu de temps; mais il est probable que plus d'un reparaîtra quand le pays sera étudié de plus près par des voyageurs qui cesseront de suivre toujours les mêmes chemins. Ainsi, en 1874, Davis signalait un basrelief qui appartient certainement à cette série. 11 Ta vu à Karaatht, vers le sud-ouest du plateau phrygien, tout près du lac de Salda; on est là dans le voisinage des sources du Lycus; or c'est la vallée de cette rivière qui offre la route la plus commode pour descendre des hautes terres de l'intérieur dans le bassin du Méandre et gagner ainsi le bas pays. Il est donc naturel de découvrir ici les vestiges des conquérants sur les pas desquels nous marchons. Autant que l'on peut en juger par les quelques lignes que consacre à cette sculpture le seul explorateur qui l'ait aperçue, il y avait là, taillées dans une grande face de roc calcaire, deux figures debout; on peut se les imaginer d'après celles de Ghiaour-kali ; quelque frustes qu'elles soient, on aimerait à en avoir un dessin *.

Qu'ils soient allés à la côte en descendant la vallée du Méandre ou celle de l'Hermus, les Hétéens y sont arrivés, eux ou des peuples directement soumis à leur influence et qui avaient adopté leur écriture et les formes de leur art. Ce qui met le fait hors de doute, c'est qu'on retrouve cette écriture et ces formes dans des bas-reliefs tout voisins de Smyrne, bas-reliefs où l'on incline à reconnaître ceux qui ont attiré l'attention d'Hérodote, à titre de monuments du passage d'un conquérant oriental.

Voici le texte de l'historien2 : « La plupart des stèles queSésostris fit élever dans les pays qu'il subjugua ne subsistent plus aujourd'hui; j'en ai pourtant vu dans la Palestine de Syrie... ïl y a aussi en Ionie deux figures de ce prince taillées dans le roc : Tune, sur le chemin qui con-

i. Davis, Anatolica, p. 135.

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