partie il, fig. 114. justifier cette attribution, à côté de figures
dont le type nous était connu par les sculptures rupestres, des lettres ou plutôt des signes qui, appartenant à un système maintenant bien défini, avaient la valeur d'une marque de fabrique. Ce critérium fait défaut quand on aborde une série de cylindres, tous en hématite, qui ne laissent pas d'embarrasser la critique. Quelques-uns figurent dans les collections, sans que l'on en sçche la provenance; d'autres, d'après les renseignements que l'on possède, d'ailleurs souvent sujets à caution, ont été acquis en Asie Mineure; on croit y distinguer certains motifs, certains détails de costume qui remettent en mémoire les types des bas-reliefs sculptés sur les rochers de la Cappadoce et ceux des intaillcs dont l'origine héléenne est attestée par la présence de caractères hétéens ; cependant la facture, la manière dont est traité le costume et ce que l'on peut appeler la physionomie du monument feraient croire à une gravure exécutée par des artistes chaldéens. On ne peut, sur ce terrain, marcher qu'avec une extrême prudence, et l'hésitation sera souvent permise. Voici, par exemple, un
\. Histoire de l'Art, t. Il, fig. 10.
LA GLYPTIQUE
cylindre du Louvre (fig. 378) que M. Menant ne balance pas à porter au compte de la glyptique syro-cappadocienne, parce qu'il y a là « quatre petits personnages qui marchent à la manière de ceux de Ptérium » *. La tète de bœuf lui paraît aussi « très caractéristique ». Or le mouvement des jambes, chez les enfants, est de ceux que Ton trouve partout où sont représentées des figures en course. Le vêtement des grandes figures, avec ses plis parallèles et ces volants que forme la robe, est de facture chaldéenne, ainsi que le chapeau du personnage de droite. Le haut bonnet des deux autres personnages, malgré une ressemblance apparente, n'a pas le même galbe que la tiare ptérienne. C'est une pratique assez commune en Chaldée et en Assyrie que de placer, à côté et au-dessous des personnages principaux, des figures plus petites, soit d'hommes, soit d'animaux ; on ne veut laisser vide aucune partie du champ2.
Même remarque à propos des emblèmes épars dans le champ. La grenouille ne se rencontre pas dans les inscriptions hétéennes ; la tête de bœuf et l'oiseau y ont bien leur place marquée ; mais ces objets n'y offrent pas le même aspect qu'ici ; l'oiseau y est au repos, tandis qu'ici il bat des ailes. Quant à la tète de bœuf, comme les autres têtes d'animaux qui figurent parmi les hiéroglyphes syriens, elle paraît toujours, dans cette écriture, non de face, mais de profil3. Au contraire, quand la tête de bœuf se rencontre, comme motif de décoration, sur les cylindres chaldéens, elle s'y montre de face, comme le bucrane classique4. Les représentations d'êtres vivants, lorsqu'elles deviennent des signes graphiques, prennent une forme conventionnelle ; dès que vous ne retrouvez plus cette forme consacrée, vous n'avez plus le droit de vous croire en présence du signe.
Voici un autre cylindre qui inspire les mêmes doutes (fig. 379). Trois personnages d'aspect bien différent marchent vers deux divinités