Cylindre. Hématite
Dessin de Saint-Elme Gautier.
le Tiirkudimmc de la bosse d argent (fig. 262); même calotte, même lance; la différence, c'est que Tarkudimme a Tépée au flanc, tandis que celui-ci la tirée du fourreau. Enfin on voit ici, derrière le guerrier, cette tête de chèvre, qui est figurée à côté de Tarkudimme. C'est bien là un des signes de l'écriture syro-cappadociennc. Ici, sans invraisemblance, on se demandera si l'artiste n'a pas eu à commémorer une victoire hétéenne, s'il n'a pas représenté des princes de la rive gauche de l'Euphrate contraints d'apporter leurs offrandes au dieu des Hétéens, près duquel se tient le roi, avec les armes qui l'ont rendu vainqueur. Encore hésitet-on; on se demande si les Hétéens onl pu, comme graveurs, atteindre à cette habileté de main.
On éprouve le même embarras à propos de cylindres récemment entrés au Louvre. En voici un qui vient d'Aïdin, en Lydie. On en remarquera la forme, ce cône par lequel il se termine (fig. 381). Il y avait au sommet du cône une belière, un petit trou creusé dans la pierre, qui servait à la suspendre ; affaiblie par ce vide, la pointe s'est cassée, alors que le reste du cachet était encore en très bon étal. Je n'essaierai pas d'expliquer le sujet, une scène d'adoration qui contient des éléments très étranges, de bizarres figures de génies à tête d'oiseau qui, par leur gracilité, font songer à l'Egypte (fig. 382)1. La seule figure qui présente quelque analogie avec nos sculptures rupestres
est celle qui marche la troisième à partir de la gauche ; elle a la tunique courte et le soulier à pointe relevée. Tout le reste dépayse et trouble le spectateur. Le vêtement de tous les autres personnages est traité dans le même esprit que sur les cylindres chaldécns. C'est une con-
i. Je trouve des personnages du même genre, ailés, minces, à corps d'homme el à tête <lo chèvre, sur un cylindre chaldéen, dans Lajard, Culte de Mithra, pi. xxxvi, fig. 13.
Développement du cylindre. Dessin de Saint-Elme Gautier.
LES HETEENS.
vention toute chaldéenne que celle qui consiste à donner un double profil au personnage qui, placé au centre d'une scène, parle à des
personnages dont les uns sont à sa droite et les autres à sa gauche !.
Même poignée en forme de cône dans un cachet à quatre faces qui est donné aussi comme venant de l'Asie Mineure (fig. 383) ; mais ici, les données sont plus simples et s'accordent mieux avec l'hypothèse d'une origine cappadocienne [ fig. 384). Sur une des faces il y a deux taureaux dressés des deux côtés d'un arbre qui les sépare ; c'est un de ces motifs que les étoffes fabriquées en Mésopotamie avaient pu répandre dans tout l'Orient2. Sur les trois autres faces, des personnages debout sur des animaux, l'un sur un lion, le second sur un cerf, le troisième sur
un cheval. Chez deux au moins des trois, on distingue très bien le soulier à la