Ibid., pi. V
4. M. Pais donne le catalogue de tous les objets de ce genre qui existent dans les collections sardes (BulleUino, pp. 1 18-123), avec le dessin de quelques-unes des variantes que présente cette série.
d'ivoire ou de bois. Sur l'autre face, trois stylets sont figurés de la même manière. Il va de soi que cet ensemble ne peut servir h rien; ce n'est pas une arme, c'est la copie d'une arme, de celle que nous voyons sur la poitrine de plusieurs guerriers sardes (fig. 52 et 62). Les stylets, de la même longueur que le poignard, étaient attachés, en dehors, au fourreau, à l'aide d'anneaux où s'engageait leur tige çt où les retenait la grosseur de leur tête. Poignards et stylets ont d'ailleurs été retrouvés, à l'état d'armes réelles, dans le même dépôt et ailleurs encore; ils présentent les formes mêmes que nous offrent ces copies1.
On ne saurait refuser le même caractère d'arme figurée, de réduction sans usage pratique, à de petits poignards de bronze qui rappellent aussi la forme d'une arme que nous apercevons sur plusieurs de nos statuettes (fig. 59 et 61). La poignée en est très longue et munie d'un anneau de suspension (fig. 86). La garde, droite d'un côté, recourbée de l'autre, fait une forte saillie et donne à l'ensemble l'aspect d'une croix. Audessous, un second anneau, dont il est difficile de deviner l'usage, puis une très courte lame. Le tout n'a que 8 centimètres de long.
Nous n'insisterons pas sur quelques autres débris, fragment de peigne en bronze, boutons, morceaux de fibules, armilles, tout cela du même métal, qui font partie du butin ramassé, en plusieurs fois, dans les fouilles de Teti*; ce qui importe , c'est de se rendre compte du caractère de ce dépôt de statuettes, d'armes et d'objets divers. Nous inclinons à croire qu'il y avait là, dans cette vallée d'un abord difficile et aisée à défendre, un sanctuaire, vénéré par les tribus qui habitaient le centre de l'île et où celles-ci, pendant plusieurs siècles, sont venues consacrer des objets qui témoignaient de leur piété, de la reconnaissance que les fidèles éprouvaient à propos des vœux qu'ils avaient formés et qu'ils croyaient avoir vus exaucés par leurs divins protecteurs. Cette hypothèse est celle qui s'accorde le mieux avec l'ensemble des faits observés. On avait proposé de chercher ici les restes d'une fonderie analogue à celle dont le matériel a été découvert h Forraxi-Noi , dans la com-