‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 60 sur 440 · Bronze sarde faux · texte numérisé non relu

Bronze sarde faux

La Marmora, Atlas9\A. XVIII, fig. H

i. Histoire de l'Art, t. III, fig. 277, 278, 279. Nous ne citons pas la figure 308, parce que nous inclinons à la croire sarde, en raison du poignard, de forme caractéristique, qui est indiqué sur la poitrine.

d'une bizarrerie laborieuse et préméditée; autour des têtes, des appendices étranges, en forme de bois de renne (fig. 3), ou des cornes qui encadrent la face et font saillie dans tous les sens (fig. 89). Ce ne sont que serpents attachés au bonnet des personnages ou avec lesquels jonglent leurs mains, bâtons et fourches que tiennent leurs doigts, étranges et inexplicables appendices qui élargissent leur poitrine ou qui leur servent de ceintures, têtes grimaçantes d'animaux sur des corps humains. En même temps, pour être plus sûr de produire son effet, le faussaire a fait la caricature de ses modèles; il a exagéré la rudesse du travail et la gracilité des membres. Nous n'aurions pas tant insisté sur ces pastiches, si les galeries publiques et les cabinets privés n'en contenaient pas encore un certain nombre. Il convenait d'indiquer les caractères auxquels on pouvait reconnaître ces fraudes ; si elles n'avaient pas été démasquées, elles auraient risqué de discréditer toute une série de monuments qui, sans avoir de mérite comme œuvres d'art, ont cependant pour l'historien, à titre de documents, une certaine valeur.

S 5. — LES ARMKS KT LA MÉTALLURGIK

Nous avons cherché à nous rendre compte des conditions dans lesquelles ont été recueillis les bronzes sardes et à définir les thèmes qu^a traités cet art rudimentaire. Nous avons dit h quelle pensée répandaient statuettes et barques votives ; il nous reste à étudier l'industrie du peuple dont ces figurines nous ont conservé les traits ; on se demande quels besoins avait éveillés chez lui le contact prolongé de la civilisation phénicienne et comment il travaillait h les satisfaire.

De toutes les industries, celle qui, chez ces tribus, paraît avoir été poussée le plus loin, c'est la métallurgie, phénomène dont la raison est facile à saisir. Les métaux abondaient en Sardaigne, et les Phéniciens, en exploitant ces richesses minérales sous les yeux des Sardes, leur donnèrent d'involontaires et utiles leçons. Il fallait des armes aux indigènes "pour tenir en respect les maîtres du littoral et pour les empêcher d'occuper l'île tout entière; il leur en fallait pour exercer au dehors ce métier de mercenaires qui plaisait à leur humeur belliqueuse. Nous pouvons, grâce aux figurines et autres pièces du dépôt de Teti , reconstituer l'armure offensive et défensive du soldat sarde.

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