Vase
restitué.
Dessin de Baux.
disposés en barbes de flèche; ces ornements sont incisés dans la pâle,
qui est ici d'une assez belle couleur rouge et bien cuite. Ce vase pourrait
appartenir à une époque moine reculée que les précédents. Le même
goût a laissé des traces, mais plus faibles et plus confuses, sur quelques
anses où Ton voit des séries de points et de raies
obliques *. Ces points, ces ronds formés de plusieurs
cercles compris l'un dans l'autre sont parmi les motifs
que l'artisan a partout imaginés dès l'abord, lorsqu'il
a cherché dans des combinaisons de lignes le moyen de
varier l'aspect des surfaces qu'il avait à décorer; nous
les avons rencontrés en Assyrie et à Cypre i ; on les
retrouverait dans bien d'autres monuments, de l'ancien
au nouveau monde. Le potier sarde a donc très bien pu arriver par
ses propres forces à l'invention de ce motif, comme il est possible aussi
qu'elle lui ait été suggérée par la vue de quelque vase phénicien.
Dans une tombe, celle de Planu , on a ramassé des débris de poteries d'une terre rouge très fine, couverte d'un beau vernis noir, semblable à celui des vases grecs 3. Comme l'a très bien reconnu Fauteur même des fouilles, ces poteries n'appartiennent plus à ce que l'on peut appeler la céramique des nouraghes ; elles sont très postérieures à la sépulture où elles ont été découvertes. On a la preuve que les tombes dites tombes des géants ont été utilisées à plusieurs reprises dans la suite des âges.
Le verre n'a été trouvé à Teti ni sous la/ forme de vases, ni sous celle de perles et d'amulettes. Quant à l'ambre, sa présence, certaine à Forraxi-Noi , n'est que soupçonnée à Teti 4. Elle ne serait d'ailleurs pas pour nous
surprendre : on sait quel goût ont eu pour cette substance toutes les populations barbares des côtes de la Méditerranée occidentale.