‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 94 sur 440 · Il Samuel, v, 7. I Rais, vin · texte numérisé non relu

Il Samuel, v, 7. I Rais, vin

2. I Macchabées, iv, .37. Il est à remarquer que Josèphe, dans la description qu'il donne de la topographie de Jérusalem, avant de commencer le récit du siège, ne se sert pas du mot Sion (Guerre des Juifs, V, iv, 1). Il désigne la colline que Ton appelle aujourd'hui le Mont Sion par ce terme : la ville haute (n &va> xrfXiç), et il en est de même toutes les fois qu'il a à en parler dans la suite de sa relation.

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colline occidentale est bien isolée de trois côtés, là où se creusent autour d'elle le Tyropœonetle Ouadi-el-Rababi ou vallée de Hinnom; mais, vers le nord -ouest et le nord, elle est la continuation de la pente générale du terrain, qui s'incline dans la direction de la mer Morte. Là le terrain qu'occupe la ville ne peut être défendu qu'à l'aide de murailles, jusqu'au pied desquelles l'ennemi s'avance sans être arrêté par aucun obstacle; il faut sur cette face une longue et haute courtine, flanquée de tours puissantes, comme celles qu'a bâties Hérode. Cependant, malgré l'élévation et la solidité de ces remparts qui ont été tant de fois réparés, c'est toujours de ce côté que Jérusalem a été prise, qu'elle l'a été par les Chaldéens et, plus tard, par les croisés1. Titus avait commencé par s'emparer du temple ; mais auparavant il s'était aussi glissé par le nord entre celui-ci et la ville haute ; quand son suprême effort porte sur cette citadelle dernière des révoltés, c'est la face septentrionale du mur qui l'enveloppe que battent les machines de ses légions *. Combien était plus aisé à fortifier le coteau plus restreint et mieux délimité que couvrent, au sud, à l'ouest et à l'est, le Tyropœon et le Ouadi-sitH-Mariam ou val du Cédron! Ces deux ravins étaient bien plus profonds dans l'antiquité que de nos jours; ils ont été en partie comblés par les décombres qui s'y sont accumulés; dans le Tyropœon, le sol actuel est à 20, et, dans certains endroits, à près de 30 mètres au-dessus du sol ancien; dans le lit du Cédron, la différence, sans être aussi considérable, est encore de 8 à 10 mètres3. Vers le Cédron, le roc, dont le pied est maintenant caché sous des éboulis, descendait autrefois presque à pic; le Tyropœon était loin de se creuser en une dépression aussi marquée que celle où le Cédron coule après les pluies d'hiver; mais il n'en formait pas moins un fossé très redoutable à l'ennemi. Vers le sud, entre le confluent des deux ravins, le terrain descendait en pointe; sur cette pente rapide, la main de l'homme, en aplanissant le roc, avait ménagé toute une suite de petites terrasses, où s'étageaient les maisons de la

i. Pour l'attaque des Chaldéens, c'est ce qui résulte du fait que les défenseurs de la ville se sauvent « par le chemin de la porte entre les deux murs près le jardin du roi » et se dirigent vers Jéricho (II Rois, xxv, 4). La brèche était faite au nord; les Juifs se sauvent par le sud.

2. C'est ce qui résulte du témoignage de Josèphe; il parle du couchant (Guerre des Juifs, VI, vin, f); mais il ajoute que c'était en face du palais royal. Ce que Ton sait de l'emplacement de ce palais prouve que l'attaque était dirigée, pour employer une désignation plus précise, contre l'angle nord-ouest du mur.

3. En face de l'angle sud-est de la plate-forme du temple, l'ancien lit du Cédron est, d'après Warren, à llm,60 au-dessous du niveau du lit actuel.

bourgade chananéenne; serrées les unes contre les autres, elles étaient, en cas de surprise, faciles à défendre, avec leurs ruelles et leurs escaliers taillés dans la roche vive !. Il n'y avait guère à protéger, par des murs, que le côté nord; or l'espèce d'isthme par lequel cette colline se rattache au corps des monts de Juda était plus étroit que celui qui y relie la colline occidentale. Le mont Moria n'a qu'une très faible largeur, et ce qui le rétrécissait encore, tout près de son point culminant, c'était un ravin, aujourd'hui comblé, qui allait rejoindre obliquement la rive droite du Cédron. L'existence de ce pli du sol a été démontrée par les fouilles récentes ; une partie a été utilisée pour former le réservoir qui est connu sous le nom de Birket-Israël (fig. i09), tandis que le reste du creux a été caché sous les substructions du temple. Enfin, tandis qu'on n'a encore trouvé aucune source sur les pentes des collines occidentales, il y en a au contraire une, qui ne tarit jamais, sur un des flancs de la colline orientale1; or, dans cette aride Judée où les eaux jaillissantes sont si rares, s'il est un privilège qu'ont dû chercher à s'assurer les fondateurs des premiers villages, c'est la possession d'une fontaine qui coulât en tout temps. Pour peu que l'on ait visité quelques-unes de ces acropoles primitives qui sont si nombreuses en Syrie, en Asie Mineure et en Grèce, on n'hésite pas sur le site de la vieille ville des Jébuséens, qui devint ensuite la « ville de David » ; elle occupait le versant méridional de la colline du temple, le quartier qui porta plus tard le nom d'Ophel; elle avait ses jardins au-dessous de la piscine de Siloam, autour du Bir-Eyoub. Protégée par les ravins qui l'enveloppaient et certaine de n'être pas réduite par la soif, cette

1. Sur ces traces que le roc a gardées et qui sont très visibles dans cette partie maintenant inhabitée et déserte de la ville antique, voir Recovery, t. 1, p. 298. L'ouvrage que nous aurons sans cesse l'occasion de citer sous cette forme est celui dont voici le titre complet : The Recovery of Jérusalem, a narrative of exploration and discovery in the city and theholy land, by capt. Wilson, R. E., capt. Warren, R. E., etc., with an introduction by Arthur Penrhyn Stanley, D. D., dean of Westminster, edited by Walter Morrison, M. P., honorary treasurer of the Palestine exploration fund. 2 vol. in-8°, Londres, 1871.

2. C'est la source connue sous le nom de Fontaine de la Vierge (Ain oumm-elderédj) dont Ézéchias amena les eaux, par un canal souterrain creusé dans l'épaisseur du Moria, à la piscine de Siloé. Du temps des Jébuséens, il devait y avoir un canal qui conduisait aussi ces eaux jusqu'au même point; mais ce n'était qu'une rigole à ciel ouvert, courant au pied du roc, et par là même facile à couper. C'est ce que Ton devine dans ce cri que pousse David, au moment où il attaque la forteresse des Jébuséens : « Quiconque se rendra maître du canal sera chef! (II Samuel, v, 8.) On trouvera le plan et la coupe du canal souterrain avec l'inscription qui en relate le creusement, dans les Rapports sur une mission en Palestine et en Phénicie entreprise en 1881, cinquième rapport, pp. 203 et 241, pi. VII et V11I (Archives des missions scientifiques et littéraires, troisième série, t. XI, 1885).

bourgade avait pu conserver ainsi très longtemps son indépendance, quoiqu'elle fût placée entre les deux tribus de Benjamin et de Juda ; si David n'avait rien épargné pour s'en rendre maître, c'est qu'avec son coup d'œil de soldat il avait saisi tous les avantages de la situation, avantages que ne présentait pas au même degré la colline occidentale. La Sion de David et de Salomon, c'est donc bien la colline que surmonte aujourd'hui le Haram-ech-Chérif.

Nous avons cru devoir rectifier une erreur qui n'a été signalée que tout récemment; elle avait ce danger qu'elle a conduit plusieurs historiens à mal placer la ville de David, à se faire une idée fausse de la manière dont était née et dont avait grandi Jérusalem. Nous ne nous en déciderons pas moins, non sans quelque regret, à employer dans la suite de cette étude les dénominations qui sont généralement adoptées ; il serait trop gênant d'avoir toujours recours à des périphrases telles que celles-ci : la colline du temple ou la colline orientale. Cette colline, où nous aurons à faire un si long séjour, nous l'appellerons donc le mont Moria; au besoin, nous appliquerons le nom de Sion à la colline occidentale. C'est une nomenclature conventionnelle qui ne trompera personne et dont le lecteur nous permettra de faire usage, pour l'amour de la brièveté.

De l'autre côté du Tyropœon, la ville commença de s'étendre, peutêtre dès le temps de David, là où est aujourd'hui la ville moderne. Là le versant de la montagne, tourné vers l'est, était coupé en deux par un pli de terrain qui descendait au Tyropœon. Il semble qu'à l'époque romaine le nom de Sion se soit particulièrement attaché à la partie la plus méridionale et la plus élevée de cette colline, à celle dont le sommet est signalé par l'édifice qui est maintenant connu sous le nom de Tour de David. Le quartier qui s'étendait au nord-est de ce ravin secondaire et qui correspond au quartier musulman et au bazar actuels, se trouve désigné, à la même époque, sous le titre d'Acra ou « ville haute ». Il était dominé par Sion; mais il dominait la vallée du Tyropœon, qu'il bordait dans toute sa longueur. Le nom de ville basse paraît donné, dans certains textes, à tout l'ensemble que formaient Acra et le Tyropœon, manière de parler qui se comprend quand on se place sur le point culminant qu'occupaient, à l'ouest de Sion, la citadelle et le palais d'Hérode. Enfin, au nord de la ville, une quatrième colline, séparée d'Acra par un autre ravin qui descendait au Cédron, portait le nom de Bézétha; elle finit, mais à une époque très postérieure, par être comprise dans une dernière enceinte.

Nous avons résumé ici, en quelques mots, les résultats les plus généralement admis; mais on a beaucoup discuté sur l'âge et le tracé des différentes enceintes de Jérusalem, sur la place et le nom de ses différents quartiers. Nous ne nous engagerons pas dans ces débats; ils n'ont de sens que pour qui veut suivre la ville dans tous ses développements successifs, jusque sous la dynastie iduméenne, qui la fit plus grande qu'elle ne l'avait jamais été; or, dans cette étude, nous nous arrêtons à l'exil, et, pour toute la période qui le précède, les indications topographiques sont d'une sécheresse et d'une rareté désespérantes. Tout ce que l'on devine, c'est que, sous les derniers rois de Juda, le rempart traversait le Tyropœon en aval, non loin de la piscine de Siloam, et en amont, sans doute à la hauteur de la muraille septentrionale du temple, qu'il enveloppait une partie tout au moins des quartiers qui furent nommés plus tard Sion et Acra, et qu'il les reliait au Moria. Où passait cette enceinte? On ne saurait le dire; pour en retrouver les traces il faudrait démolir la ville moderne, qui en a caché les fondations sous les édifices de ses quartiers les plus populeux1.

S'il est impossible de dresser le plan de la Jérusalem de Salomon ou même d'Ézéchias, tout au moins peut-on se faire une idée de l'aspect que présentait la ville dans les années qui précédèrent sa chute. Ce qui la caractérisait surtout, c'était l'inégalité du terrain qu'elle occupait, terrain tout en pente, que coupaient, par places, des ravins plus ou moins profonds ; c'était la déclivité rapide des collines sur lesquelles ses maisons et ses édifices s'étageaient et dont ils couronnaient le sommet. Ici, comme par exemple à Rome où l'on a tant de peine à retrouver les sept collines, ces accidents du relief sont aujourd'hui très atténués; ils sont même, sur certains points, tout à fait dissimulés par la masse énorme de décombres qui a rempli les creux; mais les fouilles récentes des Anglais ont permis d'atteindre, dans maints endroits, le sol antique. Une des découvertes les plus curieuses qu'elles aient produites, c'est celle

1. On lira avec intérêt l'étude que contient sur ce sujet un ouvrage qui a fait faire un grand pas à la question et que nous suivrons pour tout ce qui concerne le Haramech-Chérif ; nous voulons parler du livre intitulé : le Temple de Jérusalem, monographie du Haram-ech-Chérif, suivie d'un essai sur la topographie de la Ville-Sainte, par le comte Melchior de VogCé, in-folio, 1864, Paris. Nous ne nous séparons guère de M. de Vogué que sur nn point, mais c'est sur un point important : il place la ville des Jébuséens sur le mont Sion, et non sur Ophel, au sud du Moria. M. de Vogué se trouve ainsi d'accord avec Thenius,qui avait étudié avec beaucoup de soin tous les textes, mais qui n'avait pas vu les lieux. (Bas vorexilische Jérusalem und dessen Tempel, dargestellt von Otto Thenius nebstdrei lithographirten Tafeln, in-8°, Leipzig, Weidemann, 1849.)

LA JUDEE.

de ces deux ponts qui, l'un à l'angle sud-ouest du temple, l'autre plus au nord, permettaient de traverser de plain-pied la vallée du Tyropœon; c'est ce que l'on appelle aujourd'hui Y Arche de Robinsoîi et Y Arche de Wilso?i9 du nom des deux explorateurs qui ont dégagé les fondations de ces viaducs. La chaussée, dans Y Arche de Robinson, avait 9i mètres de long; la largeur des arches qui la supportaient était de i5m,50*. Il y

avait au moins deux arches , appuyées sur une pile qui pose sur le roc et dont les pierres sont ornées de refends, comme celles des substructions du Haram. Autour du pied de cette pile, un peu au-dessus du point où elle se lie au rocher, il y a un pavage qui devait former, à une certaine époque, le sol de la rue basse, et sur ces dalles gisaient les voussoirs du pont. Les explorateurs anglais ont crevé ce pavage ; ils sont descendus encore plus bas, et, tout au fond du ravin, ils ont cru retrouver les voussoirs d'un premier pont (fig. i07). De la naissance de l'arc au pavage, M. Warren a compté i3 mètres, i3m,88 jusqu'au pied de la pile, et 23 mètres jusqu'au lit du canal. On ne nous donne pas de détails sur la forme et la taille de ces voussoirs; mais il est difficile pourtant de ne point conclure de ces observations qu'à une époque antérieure au système de l'appareil à refends un pont aurait été jeté, mais à un niveau plus bas, entre la colline occidentale et celle du

i. MM. Warren et Wilson donnent un diamètre de Tare un peu moindre, i3m,03. Ils l'ont calculé d'après les voussoirs.

107. — Canal au fond du ravin. Voussoir engagé dans la voûte qu'il a défoncée. Reeovery, t. I, p. iO.'i.

temple. Ce premier pont ne pourrait alors appartenir qu'au temps des rois de Juda; il remonterait peut-être à Salomon lui-même1. Élèves des Egyptiens et des Assyriens, les maîtres des Juifs, les Phéniciens, connaissaient le principe de la voûte ; ils ont pu l'appliquer ici dès le dixième siècle. Le pont supérieur serait du temps d'Hérode. Quant au

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