‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 93 sur 440 · I Rois, vi · texte numérisé non relu

I Rois, vi

106. — Jérusalem et ses environs sous les premiers rois de Juda.

TOMK IV.

c'était Sion, terme qui, comme nous l'apprennent expressément les écrivains antérieurs au retour de l'exil, est synonyme de celui-ci : « la ville de David1 ». Même au temps des Séleucides, c'est encore la colline du temple que l'on désigne quand on parle de Sion2. N'eût-on pas ces textes formels, ce qui donnerait encore, indirectement, le véritable sens du mot Sion, ce sont ces passages des prophètes, trop nombreux pour être cités ici, où est célébrée la magnificence de Sion, sa magnificence présente et future; ce qui fait la gloire de Sion, ce qui lui vaudra plus tard d'être visitée et admirée par tous les peuples de la terre, n'est-ce pas le temple, la richesse de sa décoration, les pompes de ses fêtes et les espérances qui se rattachent à ce sanctuaire ?

Ce nom de Sion s'appliquait d'abord à l'étroite colline dont les pentes méridionales portaient la petite forteresse des Jébuséens et reçurent ensuite les édifices de David et de Salomon ; puis il s'étendit avec la ville même, qui ne cessa de grandir; à mesure que les maisons s'étageaient sur le versant de la colline occidentale, il remonta avec elles, de manière à désigner tout l'ensemble de la cité ; cependant, lorsqu'on le prononçait, il faisait surtout songer à la colline que couronnaient le temple et le palais royal. Or la colline sur laquelle avaient été bâtis ces édifices, c'était, on n'en saurait douter, la colline orientale. Une tradition constante y place le site du temple; on y reconnaît partout la trace des travaux qui ont été exécutés pour aplanir ou pour remblayer la surface du roc, de manière à donner au temple une assiette convenable, à y amener ou à y conserver l'eau, à assurer l'évacuation des eaux vannes. D'ailleurs, par sa situation et par ses dimensions, cette colline est celle qui répond le mieux à l'idée que nous pouvons nous faire d'une acropole toute primitive. La colline occidentale est, il est vrai, plus élevée; son point culminant dépasse de 38 mètres le sommet de la colline orientale; mais, à une époque où l'artillerie était inconnue, on ne craignait pas, comme on le craindrait aujourd'hui, d'être dominé. Ce que l'on recherchait surtout, c'étaient des ravins, c'étaient des escarpements qui rendissent très difficile l'accès du fort, de telle sorte que la main de Thomme eût peu à faire pour compléter l'œuvre de la nature. Or la

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