‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 103 sur 349 · Helbig, VÈpopéc homérique^ p · texte numérisé non relu

Helbig, VÈpopéc homérique^ p

cadavre (fig. 56). Celui-ci est étendu sur un lit de parade. Voici comment l'ouvrier s'y est pris pour indiquer que les parents sont groupés sur les quatre côtés de la couche. Ceux des assistants qui sont censés se tenir sur le devant, le long de l'un des grands côtés du meuble, il les a mis en dessous, entre les montants. Aux deux bouts de la file, les figures sont d'une moindre dimension; si elles se sont ainsi rapetissées, c'est afin de laisser au peintre la place dont il avait besoin pour loger les deux personnages qui se tiennent l'un à la tête et l'autre au pied du lit. Enfin, au-dessus du lit, il y a une autre série de figures, celles-ci toutes assises sur des escabeaux. Aucun indice n'en dénonce le sexe; mais on est tenté de croire que ce groupe est celui des femmes de la famille, qui entonnent et reprennent par intervalles le thrêne ou chant de deuil. Son poste était derrière le lit.

Ce même système de projection a été appliqué à tous les détails de ce tableau. Le tapis quadrillé qui recouvre le lit semble dressé, comme une tenture plaquée contre une muraille, dans le sens vertical. Le mort devait être couché sur le dos; il montre ses deux jambes et ses deux bras, comme s'il reposait sur le côté gauche. Il en est de même là où sont représentés des chars. Une balustrade à jour bordait, des deux côtés, l'étroit plancher où le conducteur se tenait debout. C'eût été un trop grand effort que de chercher à montrer le bas des jambes à travers les trous de ce grillage. On a mieux aimé soulever la figure de toute la hauteur du rebord; elle se trouve ainsi posée de telle façon que les pieds du personnage paraissent porter sur la barre d'appui du treillage (fig. 7). Dans beaucoup de ces chars, les roues ne tiennent pas au caisson de la voiture ; un vide les en sépare (fig. 6 et 7). Tels personnages assis n'ont qu'une seule jambe; on a fait l'économie de l'autre, qui est supposée recouverte et cachée par celle qui s'offre au regard du spectateur (fig. 56).

Tout imparfaite que fût une telle méthode de dessin, ces peintres n'en ont pas moins réussi à mettre dans leurs tableaux plus de variété que l'on n'en eût attendu d'un art qui disposait d'aussi faibles moyens. La figuration des obsèques, avec les deux actes successifs entre lesquels se partage ce drame de la douleur, comporte déjà des attitudes et des mouvements très divers. Outre les scènes que nous avons indiquées et qui se retrouvent sur tous les grands vases à destination funéraire, on rencontre, sur quelques-uns d'entre eux, des groupes que l'ouvrier s'est avisé d'ajouter à ceux de son programme ordinaire. Ici, c'est une femme qui tient un enfant par la main et le conduit vers la couche

mortuaire, comme pour lui faire voir une dernière fois les traits de son père (fig. 6). Là, une femme est assise, tenant sur ses genoux un enfant; celui-ci ne s'associe que par sa présence au deuil de la famille (Bg. 60). Dans les courses de chars, les conducteurs ont le plus souvent leur harnais de guerre ; le corps est caché par un grand bouclier à échancrures latérales (fig. 7). Ailleurs ils semblent nus, ils n'ont même pas le poignard à la ceinture. Parfois il y a alternance de ces deux types S

La vie des gens de mer, avec ses hasards et ses

aventures, a fourni au céramiste une autre série de

thèmes ; il a souvent représenté des navires en course,

poussés en avant par les bras tendus des rameurs

(fig. 49), des navires aux prises les uns avec les

autres, navires dont le pont est couvert de morts,

tandis que Teau roule autour d'eux des cadavres que

les poissons s'apprêtent à dévorer (fig. 61). Ces scènes maritimes

avaient leur place sur les vases énormes que Ton dressait au-dessus

des sépultures. Parmi les fragments que possède le Louvre, et où sont

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