Vase de Salamine
Terre cuite. Hauteur, 0«,16. Musée d'Athènes.
l'esquisse, on croit deviner que le peintre a eu quelque souci du modèle vivant. Ce sentiment de la vie, c'est ce qui manquera, pendant un très long temps, au céramiste de l'âge suivant. Quand il osera s'attaquer à la figure humaine, il la présentera plus schématique, plus géométriêée qu'elle ne l'était à Mycènes, et les thèmes des tableaux où elle paraîtra ne seront d'ailleurs pas ceux que l'art mycénien aimait à traiter. On ne retrouve guère, dans les vases du Dipylon, qu'une scène qui puisse être regardée comme un emprunt que les derniers venus auraient fait à
leurs prédécesseurs : c'est celle de la chasse au lièvre * (fig. 64).
La question des rapports de la céramique mycénienne et de la céramique à décor linéaire demeure donc très obscure. Pour cette dernière industrie, la période des essais et des tâtonnements nous échappe. Que l'on en ramasse les débris dans les lies ou â Athènes^ partout ils témoignent dun goût qui n'en est plus à chercher sa voie.
C'est un style déjà formé; quel qu'en soit le point de départ, il a dû se répandre très rapidement dans tout le bassin de la mer Egée.
Ce point de départ nous échap-
88. — Amphore de Théra. Hauteur, 0",74. Musée pe. Tout CC qUC UOUS COUStatOUS, de Copenhague. Conze, Melische Thongefœsse, , . .1 ,1
p VII. ^ ' ' c est que, parmi les vases où les
principes de ce style ont été appliqués avec le plus de vigueur, il en est un certain nombre qui proviennent des îles de Mélos, de Théra (fig. 88) et de Rhodes. Rhodes a été, dès la plus haute antiquité, un des centres principaux de l'industrie céramiste. On n'a pas oublié quels intéressants exemplaires de la poterie mycénienne a fournis la nécropole d'Ialysos. Celle de Camiros n'a donné que peu de vases mycéniens; mais la céramique des siècles suivants y est représentée par des pièces dont l'aspect est assez particulier pour que l'on n'hésite pas à y voir le produit d'une fabrication locale^. La plupart des vases de style géométrique s'y distinguent par
i. Histoire de l'Art, t. VI, fi^. 496.