Plaque d'or. Grandeur réelle. Evans, fig
cinquante-quatre exemplaires d'un même modèle (fig. 104). Au milieu, il y a une rosace à huit feuilles, qui s'encadre dans une bordure où nous retrouvons la spirale. Ici comme dans les rondelles ramassées par Schliemann, on aperçoit de très petits trous placés dans le voisinage de la circonférence. Elles aussi, les plaques d'Égine, ont dû, cousues sur le vêtement, recouvrir d'une étincelante carapace quelque cadavre royal. Enfin, on remarquera des anneaux en or massif dont le galbe est le même que celui des bagues de Mycènes (fig. 105)*; mais il n'y a point ici de chaton avec image. Les anneaux sont plus simples, comme les plaques et les diadèmes sont de plus faible dimension, comme les dessins ont moins de relief et de franchise.
Ce n'est pas seulement par le choix des types que l'orfèvre d*Égine se rattache à celui de Mycènes ; il a hérité de lui certains procédés. On retrouve ici le verre bleu de Tirynthe, le kyanos d'Homère. Sur la face externe de plusieurs des anneaux, le dessin a été gravé à l'intaille, dans l'épaisseur du métal. Des morceaux très menus de cette pâte ont été ensuite insérés dans les creux; il en subsiste quelques parcelles. On obtenait ainsi à peu près l'effet de nos émaux champlevés. Un autre emprunt à la technique antérieure, c'est la précaution prise de doubler les plaques travaillées ou repoussées. On donne ainsi à l'ourage plus de solidité; c'est ainsi qu'ont été montés les gobelets de yaphio^ Le même procédé a été appliqué ici à plusieurs des pièces du trésor. La feuille qui fait doublure est un peu plus grande que l'autre; le bord en est replié, en façon d'ourlet, par-dessus le contour de celle qui a reçu l'ornementation.
A côté des objets que Ton pourrait presque croire
issus de quelque atelier mycénien, il y en a d'autres où
l'imitation des types orientaux est très sensible, plus
sensible qu'elle ne l'est d'ordinaire à Mycènes. Tel est
le cas pour un bijou, sans doute pour un pendant de
collier. Le motif, c'est un personnage debout, dans une sorte de barque,
entre quatre tiges qui s'arrondissent autour de lui et qui se terminent
par un bouton; chacun de ses bras étendus serre par le col un ca-