‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 133 sur 349 · Vue du dedans de la coupe. Evans · texte numérisé non relu

Vue du dedans de la coupe. Evans

ensemble à Égine. Selon toute apparence, ils formaient le mobilier d'une tombe; mais sur quel point de Ftle était cette sépulture et quelle en était la disposition? C'est ce que peut-être nous ignorerons toujours. En provoquant les fouilles clandestines, les rigueurs inintelligentes de la loi grecque vont contre leur but : elles ne réussissent pas à empêcher les antiquités de franchir la frontière; mais elles privent les archéologues de renseignements précieux que, sans ces vaines menaces, on n'aurait aucune raison de leur refuser.

L'or est le seul métal qui soit entré dans la composition de ces bijoux; il s'y mêle à des cornalines, à des améthystes et à des pâtes de verre. Ce qui frappe tout d'abord, ce sont les traits qui rappellent les motifs et les procédés de l'art mycénien. Voici une coupe d'un or très pur, qui pèse 83^^,6 (fig. 101 eH02). Elle n'avait qu'une anse; on voit les trois trous qui servaient à l'insertion de cette poignée. La forme de

103. — Fragment d'un bandeau d'or. Longueur, 0™,16. Evans, fîg. 16.

la tasse n'est pas celle qu'affectent les gobelets qui ont été ramassés dans les tombes de Mycènes : elle est plus aplatie; mais ce qui fait la ressemblance, c'est le décor. Il se compose d'une rosace en étoile, qui occupe le fond du vase, et de quatre spirales reliées l'une à l'autre, qui sont symétriquement disposées à l'entour, sur la paroi. A Mycènes, une aiguière offre le même genre d'ornement*.

Ce même motif décore un bandeau dans lequel on reconnaît, réduit H une moindre largeur, un de ces diadèmes qui ceignaient à Mycènes le front des morts (fig. 103) ^ La forme et le mode d'attache sont pareils. 11 y a aussi à Mycènes des exemples de dessins tracés au pointillé^

Ce qui, plus que toute autre chose, évoque ici le souvenir de Mycènes, ce sont des plaques d'or, du genre de celles qui sont sorties par centaines des fosses de l'enclos funéraire*. A Égine, on a recueilli

JEgim(Joumal of Hellenic studies,i. XIII, 1892-1893, p. 195-226). S. Relnach, la Sculpture en Europe avant les influences gréco-romaines, p. 95-98 (in-8, 1896).

Page 1