‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 144 sur 349 · TOME vu · texte numérisé non relu

TOME vu

Syrie, en Chaldée, le costume était souvent réduit, chez les gens de la basse classe, à un pagne que suffisait à retenir la saillie des hanches; quand il se compliquait, chez les riches et chez les grands, il ne comportait encore que de fines étoffes de lin, enroulées autour du buste, auxquelles s'ajoutait parfois un manteau de laine jeté sur les épaules; mais là où les hivers étaient longs et les étés tardifs, là où, même dans la belle saison, la température était changeante, il fallait un vêtement qui fût chaud non seulement par la matière dont il serait fait, peaux de bêles, feutres de poil ou tissus de laine, mais aussi par la ferme liaison établie entre ses différentes pièces, liaison qui pourrait Têtre, suivant les cas, ou par une couture ou au moyen d'agrafes, et c'était celles-ci qui se prêtaient le mieux à permettre de modifier les dispositions de rhabit; avec elles, à volonté, on lui donnait plus de jeu ou on le serrait davantage autour du corps. Elles étaient d'un emploi trop commode pour que l'on y renonçât, là même où l'on aurait pu à la rigueur s'en passer; mais, à mesure que le goût du luxe s'éveillait chez les peuples qui usaient de la fibule, les formes de celle-ci se diversifièrent : on les chargea d'ornements. 11 y eut de ces broches qui furent d'or ou d'argent, qui se parèrent de pierres fines ou de rondelles d'ambre. On tendit à faire, de ce qui n'avait été d'abord qu'un instrument, un bijou plus ou moins élégant, plus ou moins richement décoré.

Cette tendance se manifeste déjà d'une manière très sensible au cours de la période qui nous occupe. Il y a dès lors, au dire d'Homère, des fibules dans la fabrication desquelles entrent les métaux précieux ; celle qui attachait le vêtement d'Ulysse était un joyau de grande valeur \ Les tombes n'ont d'ailleurs, surtout en Grèce, rien livré de ce genre: toutes les fibules de cette époque qui en sont sorties étaient de fer ou de bronze. Ce que cespîèces ont de curieux, c'est que la décoration y porte l'empreinte très nette du style dont les éléments paraissent avoir été introduits en Grèce par lesDoriens et les tribus qui les accompagnaient. Entre les fibules et les vases d'argile, il y a des rapports plus étroits qu'entre ces vases et les bijoux du trésor d'Égine ou des tombes du Dipylon. C'est au point que, lorsque nous cherchions à remonter aux origines du style que nous avons vu remplacer en Grèce le style mycénien, nous avons été amené à nous demander si ce n'était pas dans les ouvrages de métal apportés parles immigrants que le peintre céramiste aurait trouvé le principe du nouveau système d'ornementation qu'il a

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