Hache de fer. Athènes
Longueur, 0*,115. Ibidem, p. 298.
elle a été mise hors de doute par les travaux critiques de Wolfgang Reicher. Celui-ci, pendant un séjour de deux ans en Grèce, a examiné une à une, jusqu'au moindre débris, les antiquités mycéniennes du
i. W. Reichel, Ueber homerisch'e Waffen, archœologische JJnlersuchungcn, mit o5 Abbildungen im Texte, in-8, 152 p. Vienne, 1894. Les vues de Reichel sont acceptées, dans leur ensemble, par un des hommes qui connaissent le mieux les antiquités mycéniennes, Maximilian Mayer {Bevl. phil. Wochenschrift, 1895, n«» 16 et 17); il ne fait de réserves que sur certains détails. Salomon Reinach se range aussi au même avis (voir son article Galea dans le Dictionnaire de Daremberg et Saglio).
Musée d'Athènes et en a dressé un catalogue complet. Ces monuments lui ont expliqué le vrai sens devers qui avaient été souvent mal compris par les anciens commentateurs, auxquels manquait la connaissance des choses de ce lointain passé. C'est ainsi qu'il est arrivé à se faire une idée de la nature, de la forme et du jeu des armes que le poète prête à ses héros. Voici en quels termes, au début de son mémoire, il résume cette longue enquête, qu'il a conduite avec une rare sagacité :
(( La pièce principale de l'armure défensive, dans l'âge épique, c'est le grand bouclier qui abrite toute la personne du combattant^ celui que nous avons appris à connaître par les monuments mycéniens. Le guerrier avait le corps couvert par ce bouclier du haut de la poitrine jusqu'au genou. Il le portait au moyen d'une courroie qui pesait sur l'épaule gauche (TeXi^awv) ; c'était à l'aide de cette courroie et d'une barre transversale (.cavwv) placée derrière l'écran qu'il le déplaçait et le maniait. En raison de sa forme particulière, ce n'était pas seulement par devant que ce bouclier protégeait celui qui en était muni; les côtés, eux aussi, étaient plus ou moins efficacement défendus. Le bouclier faisait ainsi, en quelque façon, fonction de cuirasse. La cuirasse (6wpr,$), au sens propre du mot, ne paraît que dans les parties les plus récentes des poèmes homériques. Bien avant qu'elle fût entrée dans l'usage, la mitre ((A^Tpr,) assurait déjà au ventre la garantie d'une plaque de métal appliquée directement sur le tronc. Le zoster (^oxjrnp), une ceinture de cuir, jouait aussi, dans une certaine mesure, le même rôle; mais il servait surtout à relever la tunique de manière que, dans la bataille, elle ne gênât point les mouvements du corps. Pas plus que la cuirasse, les héros de l'épopée ne connaissaient pas encore ces jambières de métal qui envelopperont plus tard le mollet et le genou de l'hoplite grec; l'invention en est très postérieure. Ce qu'ils portaient, c'étaient des bottines de cuir ou d'étofTe (-^v/îjji^^g;), dont la tige montait assez haut; elles étaient nécessaires pour éviter que les os de la jambe fussent heurtés et meurtris par le bord inférieur du grand bouclier. On n'usait pas encore, comme couvre-chef, du casque à visière; ce qui le remplaçait, c'était un casque en forme de bonnet ou de calotte qui ne protégeait que le dessus de la tête; il était plus souvent fait de cuir que de métal \ »
En ce qui concerne le bouclier, la tradition monumentale est d'accord avec les données des deux poèmes. Sur ceux des vases du Dipylon qui paraissent les plus anciens, on ne rencontre qu'un seul