Reichel, Veber fiomerische Waffen, p
bouclier, que le peintre attribue également aux piétons, aux conducteurs de chars et même aux rameurs qui, sous la menace des traits, mettent en mouvement les navires de guerre (fig. 7, 63, 66, 67). C'est bien encore le bouclier mycénien; comme lui, ce bouclier des vases est très haut et très large. Aux deux mains qu'il laisse libres, on devine qu'il se porte suspendu au cou par une courroie; il couvre tout le buste, des épaules jusqu'au bas des cuisses. Ce qui le distingue, c'est que les échancrures latérales paraissent ici beaucoup plus profondes; mais cette différence tient peut-être moins à la forme môme du modèle qu'au procédé du dessinateur. Celui-ci, pour rendre plus sensible Veffet de la double encoche, en aura exagéré le creux, comme il fait pour la saillie des muscles du mollet et du bras.
Vers la fin de cette période, probablement dans la seconde moitié
du VIII® siècle, un changement se produit, dont témoigne la peinture.
On commence à se servir d'un bouclier rond, plus petit, qui s'attache au bras gauche par une poignée (fig. 58). Sur un fragment qui provient d'Athènes, il y a, pour trois guerriers, autant de boucliers différents, dont deux reproduisent les deux variétés typiques de l'arme mycénienne, tandis que le troisième est déjà celui de l'hophte grec (fig. 138). On touche au moment où cet hoplile, armé de pied en cap, fera son apparition dans la plastique. C'est des premières années du vil® siècle que semblent dater les plus vieux des vases où ce type se montre avec les traits si particuliers qui, depuis lors, ne cesseront pas de le caractériser*. Quant à la cuirasse, il n'y en a point trace dans les ouvrages de la céramique du Dipylon. Les cnémides sont souvent marquées sur les monuments de la sculpture et de la peinture mycéûiennes^; si on ne les distingue pas chez les personnages qui décorent les vases d'Athènes, c'est que, là où tout le corps s'enlève en noir sur le fond, il n'y a pas lieu à des indications de ce genre.
Le casque homérique, c'est celui que nous avons rencontré à Mycènes, à Tirynthe, à Ménidi, à Spata, dans les statuettes de bronze,
i. Par exemple dans le beau vase de Mélos qui appartient au Musée d'Athènes et qu'a jadis publié A. Co.nzk (Melische Thongefœsse, pi. III).
2. Histoire de CArt, t. VI, fig. 369, 370, 439; 'K?T];x2p/;, 1887, pi. XI; 1891, pi. III, 2.