‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 160 sur 349 · Iliade, XVIII, 416; XXIII, 739. Odyssée, XV, 60, etc · texte numérisé non relu

Iliade, XVIII, 416; XXIII, 739. Odyssée, XV, 60, etc

à vrai dire, une chemise, avec ou sans manches. Le vêtement était de toile; le mot hébreu d'où dérive x^tcov se rattache à la même racine, appartient à la même famille que les mots qui, dans plusieurs langues sémitiques, désignent la toile de lin*. Les épithètcs qui qualifient la tunique sont d'ailleurs de celles qui nous ont paru ne pouvoir s'appliquer qu'à la toile. xNulle part il n'est question d'une tunique ornée de dessins; tout indique que le chiton ne comportait pas d'autre luxe que la légèreté du tissu et la blancheur d'une étoffe fraîchement lavée.

La longueur de la tunique variait avec les occupations et le rôle de ceux qui en étaient revêtus. Divers passages des deux poèmes donnent à entendre que les guerriers étaient habillés d'une tunique qui ne descendait pas même jusqu'au genou, tandis que d'autres enimpliquentune qui tombe jusqu'aux pieds et traîne même sur les talons ^ C'est à cette dernière que se rapporte l'épithète éXxeyiTwve;, iraîneurs de tuniques, qui est donnée aux Ioniens à la fois par VIliade et par l'hymne à Apollon délien ^ Il est probable que l'on distinguait dès lors le c/ûto?i courtj vêtement de combat, de chasse et de travail, et le chiton long, vêtement de paix et de cérémonie; ce dernier était l'habit des vieillards, des rois, de la plupart des dieux. La ceinture, dont il est souvent question, dans l'épopée, comme de l'un des éléments nécessaires du costume féminin, n'y est mentionnée que deux fois à propos d'un homme*. Peut être a-t-on tort d'en conclure que, chez les hommes, la tunique, se portait sans ceinture*. J'expliquerais autrement ce silence. Chez les femmes, la ceinture, posée sur de riches étoffes, était un objet de parure. Chez l'homme, attachée sur une tunique sans décor, elle n'était souvent qu'une corde, qu'une bande d'étoffe ou de cuîr^ Cet emploi est supposé par l'expression J^cowuaSav, « se ceindre ». Quand on s'apprêtait à se battre ou à courir, on tirait sur le bas de la tunique, et, pour dégager les jambes, on la maintenait relevée par la pression d'un lien^ On ne portait la tunique toute seule que dans la maison ou quand on se livrait à un exercice violent. Pour sortir, on jetait le manteau sur ses épaules*. La chlaina était de dimensions variables : il y avait la

i. Helbig, l'Épopée, p. 205.

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