Mur de cella. Diagramme
flanqué de contreforts qui, à intervalles réguliers, font sur le nu de la muraille une saillie plus ou moins marquée. C'est ce que l'on observe dans les substructions de la terrasse que les Pisistratides avaient commencé de bâtir, à Athènes, pour porter le temple de Zeus Olympien.
Les murs qui limitent et enveloppent des chambres, ceux des cellas, des portiques, des bâtiments de toute espèce sont beaucoup plus minces. C'est par exception que l'épaisseur en atteint, dans de très grands édifices, près de deux mètres ; d'ordinaire, elle est à peine d'un mètre. La règle qui a été suivie là, c'est que jamais on ne voit, dans une même assise, certaines pierres pénétrer le mur de part en part et d'autres s'arrêter au milieu de son épaisseur : toutes les pierres dont se compose une assise traversent d'une face à l'autre (fig. 158), ou bien aucune d'elles ne traverse ; un lit de parpaings alterne souvent d'une manière régulière avec un lit composé d'une double rangée de carreaux (fig. 159). Dans un temple à Labranda, en Carie, le construc-
leur a laissé un intervalle entre les deux rangées parallèles de carreaux qui sont reliés par des parpaings (fig. 160).
Pour que ces murs fussent solides tout en restant très minces, il fallait que les matériaux qui les constituaient fussent intimement unis, surtout dans les parties hautes de la construction; c'est donc là surtout que Ton a suppléé à l'absence du ciment au moyen des crampons de métal. Il peut être utile de préciser, par quelques données numériques, ce que nous avons dit du volume et de la forme des éléments qui entraient dans l'appareil à assises réglées. De très bonne heure, le tailleur de pierres et le maçon avaient contrçicté des habitudes qui étaient nées surtout des nécessités de la pratique, mais qui suggéraient un arrangement des matériaux où le goût trouvait son compte; ces habitudes se maintinrent, sans changement notable, jusqu'aux derniers jours de Tarchitecture ^ classique. Dans les maçonneries qui, comme les substructions de FOlympieion d'Athènes, sont cachées sous le sol, on use d'une grande liberté; là, dans une même assise, il y a des carreaux qui n'ont que 1°^,50 de long,
à côté d'autres qui atteignent et dépassent 3 mètres*; la hauteur des assises est d'ailleurs très inégale. Cette irrégularité, nous la retrouvons dans les fondations du Parthénon. Il en est autrement dans les murs de la cella, dont l'appareil, toujours visible avec ses joints, concourt à l'effet de l'ensemble. Là, les assises ont sensiblement la même hauteur, et, dans chacune d'elles, la hauteur des carreaux est à leur longueur comme i : 2,4. Le rapport, affirme-t-on d'après les cotes relevées sur un certain nombre de monuments, serait à peu près fixe *. Cette constance n'est d'ailleurs pas seulement dans les proportions ; on
IGO. — Mur de temple, à Labranda. Vue perspective d'après Landron (Voyage archéologique de Le Bas, Archit., II, 8).