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LES OUVERTURES, PORTES ET FENÊTRES

Pour ménager des portes et des fenêtres dans les murs dont nous avons décrit l'appareil, les Grecs ont employé deux systèmes. Dans l'un comme dans l'autre, la baie était fermée, à son sommet, par une platebande horizontale, le linteau ; mais ce linteau n'était pas toujours soutenu de la même manière au-dessus du vide qu'il couvrait, ici il reposait sur deux pièces montantes, vrais poteaux de pierre, qui étaient indépendantes du mur dans lequel était percée l'ouverture (fig. 161) ; là il était porté par les assises mêmes du mur, dans lequel il s'engageait par ses extrémités (PI. XI, toutes les portes représentées, sauf deux). Nous ne citerons que pour mémoire une troisième disposition, qui n'est qu'une variante de la première et qui ne se rencontre d'ailleurs que par exception. C'est le cas où les montants qui forment les pieds-droits sont coupés en leur milieu par une des assises du mur, qui se prolonge jusqu'au vide (PI. XI, Aléa, Assos, 3). Là où cet arrangement a été adopté, c'est sans doute que Ton a voulu se dispenser d'avoir à dresser des monolithes d'une grande longueur.

Des deux systèmes qui ont un caractère tranché, il y a des exemples très anciens. Ainsi, dans le Trésor cTAtrée, à Mycènes, la porte du caveau s'ouvre en plein mur, sans jambages interposés*. Ily a même

1. Nous appelons planches tous les tableaux dans lesquels nous avons réuni, systématiquement groupés les éléments de la construction ou de la décoration des édifices. Bien qu'ils soient tirés typographiquement et insérés dans le texte, ils ont le même caractère que nos grandes planches. Pour chaque planche, nous indiquerons les documents auxquels nous avons emprunté les figures que comprend le tableau.

PI. XI, Elœos (en Étolie), Lubke, E^sai de VHistoire sur l*Art, t. I, fig. 104. — Assos, 1, Texier, Descriptiorif pi. X6i5. — Thorikos, atlas de l'édition française deV Archéologie de VArt, pi. I, fig. 14. — Messène, 1, Expédition de Morée, pi. XXXVII. — Œniades, 1, Heuzey, LOlympe et VAcamaniCf pi. XV, H. — Phigalie, Guhl et Koener, La Vie antique, fig. 74.

tel édifice où paraissent à la fois les deux types de baie. Il en est ainsi dans le temple du mont Ocha, où la porte a son cadre propre, tandis que c'est l'appareil qui, en s'interrompant, donne les fenêtres que ron voit sur le côté. Dans la façade du marché d'^Egae, en Éolie (fig. 162), les fenêtres appartiennent de même à deux types différents (fig. 163). Il est pourtant certain que le premier système est celui qui remonte à la plus haute antiquité*; dans les constructions primitives, qu'elles fussent en pisé, en blocs à peu près bruts ou en petits moellons

161. — Fenêtre d'une tour d'Andros. Élévation et coupe longitudinale. Le Bas,' Voyage archéologique. Architecture. Iles,

reliés avec de la terre, il était le seul qui permit d'obtenir des baies nettement délimitées, à contour ferme et durable *.

C'était d'ordinaire le bois qui fournissait jambages et linteaux. On s'était pourtant avisé dès lors d'y substituer, en cet emploi, la pierre, sinon dans les habitations, au moins dans les remparts des citadelles ; à la Porte aux lionSj quatre puissants blocs de calcaire, taillés dans une roche qui est plus dure que celle dont est faite la muraille adjacente, forment le cadre de la baie ^.

— Palseo-Mani (Acarnanie), Heuzey, pi. XIII. — OEniades, 2, Heuzey, pi. XV, G. — Orchomène, Guhl et Koener, fig. 77. — Aléa (Arcadie), Ramée, Histoire Générale de l'Architecture, t. I, fig. 171. — Messène,2, Expédition de Morée, pi. 43 et 45. — Assos, 2, Texier, Description, pi. XI, etClarke, Investigations at AssoSy pi. 27. — Assos, 3, Texier, Description, pi. CXI,

1. Histoire de VArt, t. VI, pi. vi. Il en est de même au Trésor de Minyas {ibidem. fig. 190).

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