VUES PERSPECTIVES
tion s'était imposée en raison de la nature des matériaux, les montants de bois ou de pierre. Pour les portes de ville, on s'est, en général, contenté de la baie que crée un vide ménagé dans la masse de Tappareil. Cependant il y a, dans les enceintes, quelques rares exemples de portes à jambages et à linteau distincts de Tappareil (PL XI, Aléa, Messène, (2). L'autre système, celui qui s'inspire du type primitif, a été plutôt réservé aux portes des temples, des maisons et autres édifices du même genre. Ce type s'est conservé plus fidèlement encore dans l'agencement des fenêtres, comme on peut en juger par celles qui sont percées dans la façade du marché d'iEgae et dans les pans de la tour d'Ândros, que l'on attribue au iv® siècle (fig. 162, 163). Point de saillie sur le mur. Les pieds-droits sont monolithes ; le linteau est encastré dans les assises et déborde les pieds-droits. Il y a, de plus, une tablette inférieure, sans doute une tablette d'appui, et, au-dessus du linteau, une tablette de recouvrement, destinée à arrêter les égouts de la pluie, qui font l'une et l'autre une légère saillie sur le nu du mur.
A en juger par les peintures des vases grecs, ces ouvertures, encadrées entre quatre montants de pierre ou de bois, étaient d'un emploi courant dans les édifices publics ou privés. On les trouve représentées, tantôt unique, tantôt géminées, dans plus d'un de ces tableaux (fig. 164 et 165). Il a été remarqué, à ce propos, que seul l'empire des vieilles habitudes avait pu décider les Grecs à employer une structure aussi singulière, aussi en désaccord avec les exigences d'une construction normale. Avec cette disposition, des. pieds-droits et un linteau de pierre sont exposés à se briser, en cas de tassement des assises \
C'était l'appareil dit hellénique qui, par l'horizontalité de ses lits et la verticalité de ses joints, se prêtait le mieux & la création de baies pratiquées en plein mur, sans l'interposition d'aucune pièce de rapport. Des ouvertures de cette espèce furent pourtant établies aussi dans l'appareil polygonal, dans celui où la précision des joints atteste la maîtrise de l'ouvrier ; il suffisait de modifier en conséquence les coupes de pierre, à la rencontre du vide de la baie. C'est ce dont il serait facile de citer plus d'un exemple (PI. XI, 0Eniades(2), Orchomène,Phigalie).
Dans quelque appareil qu'elles soient pratiquées, ces ouvertures sont d'ordinaire fermées, à leur partie supérieure, par un linteau horizontal. La règle n'est pourtant pas absolue. Dans la construction cyclopéenne, la baie s'amortissait en triangle ou en arc brisé, par le
l.Ch. Chipiez, dans Saglio etDaremberg, Dictionnaire y etc., art. Fenestra,
rapprochement de blocs posés en encorbellement * ; c'est par un procédé du même genre, mais avec une coupe de pierre plus ingénieuse, qu'avaient été exécutées les coupoles mycéniennes. L'emploi de cette même méthode continua de donner des baies qui s'amortissent de diverses manières (Pi. XI). A Elaios, on a un vide triangulaire constitué par les assises du mur ; à Aléa et à Messène (1), un amortissement triangulaire est donné, ici par deux linteaux inclinés et affrontés qui se raccordent avec les jambages, et là par le rapprochement des assises. A Thorikos, un vide en arc aigu est formé par les assises de la muraille. A Assos (1), la baie s'amortit en arc aigu, par encorbellement des assises, A Œniades (1), le plein-cintre est taillé dans deux pierres d'assise qui se touchent par un joint vertical; point de linteau. A PalœO'Manij les deux pierres dans lesquelles est découpé le demi-