Heuzey, VOlympe et l'Acamaniey p. 450 et pi. XVI
modèles orientaux que ron doit expliquer remploi qui en a été fait dans l'enceinte de Cnide. Les Grecs ont donc connu , de très bonne heure, le principe de la voûte ; s'ils n'en ont pas tiré plus souvent parti, c'est que les matériaux dont ils disposaient, des tufs calcaires très résistants et de belles roches cristallines, leur permettaient de couvrir les vides d'une façon plus simple et plus expéditive que par l'agencement des voussoirs. Dans les plus amples et les plus nobles de leurs édifices, point d'autres éléments que des plates-bandes supportées par des murs et par des colonnes ; c'est ce qui a imprimé à leur architecture son caractère original et ce qui a donné à ses monuments une stabilité exceptionnelle.
Ce qui est doilc le plus conforme au génie de cette architecture, c'est l'ouverture que limitent de toutes parts des lignes droites, celle où le linteau est parallèle au seuil. Le jour de la porte y dessine, dans le plan vertical, tantôt un rectangle, tantôt un trapèze. Des deux, la forme trapézoïdale est la plus archaïque, ce qui concorde avec l'explication que nous en avons présentée, quand nous en avons cherché l'origine dans les pratiques des plus anciens constructeurs*. Si l'on a continué, jusqu'au v® siècle et plus tard encore, h donner souvent aux pieds-droits, surtout dans les temples et dans les tombeaux, celte inclinaison plus ou moins marquée, c'est encore par l'effet d'une très ancienne accoutumance. L'œil avait l'habitude de cette disposition; à la retrouver, il éprouvait le genre de plaisir qu'il ressent à se fixer sur les formes connues et sur les visages familiers ; peut-être aussi peut-on dire qu'elle acheminait et conduisait mieux l'œil vers les parties élevées de l'édifice.
166. — Porte principale de KekropouUiy en Acarnanie. Ileuzey, L'Olympe et VAcamaniCy pi. IX.