LA COLONNE, LA MODÉNATURE ET LA DÉCORATION
Nous ne parlerons pas ici de la colonne ni de la modénature, comme nous l'avons fait, dans d'autres parties de cette histoire, en
i. Histoire de VArt, t. VI, p. 505-507 et llg. 191, 192, 193.
un LA GRÈCE ARCHAÏQUE.
traitant des caractères généraux de Tarchitecture. II est aisé de comprendre pourquoi nous avons cru devoir modifier ainsi le plan que nous avions suivi jusqu'à ce moment. Dans les supports et les moulures, la proportion et les profils varient, suivant que ces membres appartiennent à Tordre dorique ou à Tordre ionique. On ne saurait considérer ces éléments d'une façon abstraite, en les détachant des ensembles dont ils définissent le caractère. Nous nous bornerons donc ici à rappeler que la colonne ne figure pas seulement dans ces ensembles. Avec sa base, avec son fût et son chapiteau, elle peut former, à elle seule, un ensemble qui se suffit à lui-même, un organisme indépendant. C'est à ce titre que les Grecs Tout employée souvent comme monument isolé, comme soutien d'un trépied ou d'une statue; 'mais le rôle qu'elle joue en cette qualité n'est que secondaire. C'est dans les temples dorique et ionique que ses formes se sont surtout développées et qu'elles ont fini par se déterminer.
Nous en dirons autant de la décoration; elle aussi, elle est, comme dirait un mathématicien, en fonction de Tordre. Suivant le mode duquel ressort Tédifice dont elle est l'ornement, elle change de nature et d'aspect ; elle n'a d'existence réelle que par lui et en lui : il n'y a donc pas lieu de Ten séparer. Quand nous décrirons le temple dorique, nous passerons en revue les motifs que l'architecte y emploie pour en faire valoir les lignes et en habiller les membres ; nous en ferons autant pour le temple ionique. Avec tout autre procédé d'analyse, on serait exposé à perdre de vue l'unité de l'œuvre que l'artiste a créée.