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Pronaos du temple de Thésée

Vue perspective.

plus célèbres d'Athènes, dans le pronaos du temple dit de Thésée; mais si, dans cet édifice, Tentablement du pronaos s'étend jusqu'au portique, c'est que l'architecte a voulu mettre là une frise à sculptures continues, et, par conséquent, élargir le champ qu'il livrait au statuaire (fig. 183)*. Il ne saurait être question d'établir une comparaison entre la hauteur des colonnes du portique et celle des colonnes de l'ordre intérieur.

Celui-ci étant double en élévation, les éléments qui le composent sont nécessairement de moindre dimension que les supports de la colonnade extérieure ; mais, étant donné le prix que le constructeur moderne attache à une parfaite symétrie, nous aurions été tenté de nous attendre à saisir un rapport fixe entre les axes des colonnes du ptéroma et ceux des colonnes qui coupent la cella en trois nefs. Or ce rapport n'existe pas. Les axes des colonnes de l'intérieur ne correspondent pas à ceux des colonnes

du dehors et ne tombent pas non plus sur le milieu de l'intervalle qui les sépare. Il n'y a guère exception que pour le temple d'Héra à Olympie ; là, sur les faces latérales, la correspondance des deux séries d'axes est sensible (pi. XII). Dans le même ordre d'idées, on remarquera que souvent Tante par laquelle se termine la façade du naos ne correspond pas, en plan, à une des colonnes du portique; ainsi dans le temple de Zeus, à Olympie, cette ante se profile sur le vide d'un entrecolonnement (fig. 184). Il en est de même dans le temple R, à Sélinonte (pi. XXXVIII).

Voici d'ailleurs qui montre mieux encore combien est lâche le lien matériel qui unit l'une à l'autre la cella et la colonnade qui l'entoure, le naos ^iX^ ptéroma. Il y a des temples, comme le temple de Thésée et comme le temple de Zeus à Olympie, où l'architrave de la cella et celle du portique se trouvent, à peu de chose près, à la même

1. Cette disposition ne se reproduit pas sur la farade postérieure, où la frise ionienne, plus courte, ne règne que sur la largeur de la cella.

18i. — L'ante de la cella et la colonnade. Temple de Zeus à Olympie.

Élévation latérale.

hauteur au-dessus du sol. Dans le temple de Poséidon, à Paestum, cette correspondance n'existe plus; l'entablement du naos est à un

185. — L'architrave de la cella et celle du portique. Temple de Pœstum. Coupe partielle.

186. — L'architrave de la cella et celle du naos. Temple de Bassse. Coupe partielle.

niveau supérieur (fig. 185) C'est le contraire que l'on observe dans le temple de BassaB. Là, c'est l'architrave du naos qui se maintient à un niveau inférieur (fig. 186). La différence est encore plus marquée, dans le même sens, à Némée (fîg. 187).

Si le naos et le portique sont ainsi presque indépendants l'un de l'autre, c'est que, des deux, le premier, qui n'est pas autre chose que l'antique mégaron^ préexiste au second. Celui-ci, alors même qu'il s'est le plus développé, garde toujours le caractère d'un complément, d'une brillante parure, d'un vêlement qui, bien que taillé à la mesure du corps, peut s'en détacher. L'édifice a cependant son unité, sinon pour le critique qui le démonte pièce à pièce, tout au moins pour le spectateur non prévenu, dont l'œil l'embrasse d'une vue générale et rapide. Cette unité, elle est obtenue^ en grande partie, par le moyen de la toiture qui, comme un dais, recouvre à la fois les deux parties constitutives du temple et donne à cet ensemble l'apparence d'un édifice unique, d'un tout indivisible. Elle est aussi dans le caractère de l'exécution. Partout, dans le portique comme dans la cella, les supports, les moulures, les ornements portent la marque d'un même style et d'un même goût.

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