‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 206 sur 349 · L'architrave de la cella et celle du naos · texte numérisé non relu

L'architrave de la cella et celle du naos

Temple de Némée.

Élévation partielle.

§ 3. — LE PASSAGE DU B0I8 A LA PIBBRE. LE TEMPLE d'hÉBA

Avant d*aborder l'étude analytique du temple de pierre, il convient d'appeler Tattention sur un édifice unique en son genre, le temple d'Héra à Olympie. L'Héraeon était le plus ancien sanctuaire que renfermât Tenceinte sacrée à laquelle on donnait le nom d'Altis. Une •vénération toute spéciale Tentourait, comme le premier berceau du culte d'Héra et de Zeus, comme le premier monument à l'ombre duquel se soient célébrées ces solennités périodiques qui avaient fini par attirer sur les rives de l'Alphée les Grecs même établis au fond de l'Euxin ou sur les côtes de la Gaule et de l'Afrique. Des édifices plus vastes et plus somptueux s'étaient élevés, à la longue, au pied du Cronion; mais l'antique bâtiment qui leur était antérieur de plusieurs siècles avait été entretenu avec soin. On n'avait pas manqué d'en renouveler les éléments, à mesure que la vétusté les atteignait; mais on s'était attaché à lui conserver, autant que possible, son aspect primitif. Dans le fond du temple se dressaient deux statues colossales d'Héra et de Zeus, dont Un fragment, la tète d'Héra, a été recueilli au cours des travaux de déblayement; la place qu'occupaient ces images est encore marquée sur le sol par les substructions des piédestaux. D'autres ouvrages, surtout des ouvrages de l'art archaïque, étaient venus se grouper autour de ces figures. C'est ainsi que Vopisthodome contenait le célèbre coffre de Kypsélos, dont le riche décor offrait au spectateur la réunion des thèmes qui avaient été les plus familiers à l'artiste du vi® siècle. Plus tard, dans ce musée que chaque génération tenait à honneur d'enrichir, un art plus avancé avait fait entrer quelques-uns de ses chefs-d'œuvre; c'est là qu'a été déterré l'Hermès modelé par le ciseau même de Praxitèle*.

Ce n'est pas sans un vif regret qu'on lit dans Pausanias la longue liste de tous ces monuments perdus ; mais, les eussions-nous retrouvés, la découverte capitale n*en demeurerait pas moins celle du temple luimême. Le plus important des résultats qu'ont produits les fouilles allemandes, exécutées de 1875 à 1885, avec une dépense de plus d'un million de francs, c'est peut-être encore l'exhumation des restes de ce

i . Nous ne faisons que résumer, dans ce chapitre, la description si minutieusement exacte que Dœrpfelda donnée de ce monument {Olympia, Die Baudenkmœler, t. I, 1892, pi. XVIII-XXIII; gr. in-folio, 1892, et Textband, p. 27-36, in-4'>). Les figures ci-jointes sont empruntées aux planches de cet ouvrage.

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