‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 223 sur 349 · Plaa du site de Sélinonte, d'après Hittorf · texte numérisé non relu

Plaa du site de Sélinonte, d'après Hittorf

extrémités des murs jouent le rôle d'an tes (pi. XVI). Sur les trois autres faces, les colonnes ne sont pas plus écartées de la cella que dans les temples périptères de 1^ Grèce propre ; mais le doublement de la surface du portique, en avant du pronaos, suffit pour imprimer à l'édifice quelques traits du caractère très particulier qui distingue plusieurs des temples siciliens. En Sicile, il semble que parfois, en arrêtant le plan du temple, on ait eu la pensée que Vitruve prête à l'architecte qu'il regarde comme l'inventeur de l'ordonnance pseudo-diptère. On paraît avoir voulu donner à l'édifice une double destination ; le naos restait ce qu'il est partout ailleurs, la maison du dieu; mais le portique s'élargissait pour devenir un promenoir spacieux où toute une foule pouvait

se mettre à Tabri et circuler à Taise. C'était agréable et commode; mais l'édifice y perdait certainement quelque chose de sa sévère élégance. Les architectes d'Athènes, d'Olympie et de Delphes ne goûtèrent pas cette innovation; c'est seulement en Asie Mineure qu'elle fut reprise^

^ . . dans un mode différent, dans le

mode ionique, par un art plus soucieux de l'effet et de la richesse que de la pure beauté.

A Agrigente, le plus important des temples de la populeuse cité, le temple de Zeus Olympien, s'écarte davantage encore du type classique (pi. XVIII). Pour l'architecte qui interroge ces ruines grandioses et qui cherche à en dégager les lignes maîtresses, tout est matière à surprise. Ce qui frappe tout d'abord, c'est Ténormité des dimensions.

Bâties en pierre appareillée, les colonnessontassezgrossespourqu'un homme puisse entrer et se tenir dans le creux d'une de leurs cannelures; cependant ce qui étonne davantage encore, c'est l'étrangeté des dispositions. Le temple est pseudO'péjiptère ^danslesenspropre du mot ; mais, ce que nous n'avons pas vu à Sélinonte, les colonnes, sur les deux façades principales, sont au nombre de sept, et ces supports, comme aussi ceux des portiques latéraux, cylindriques à l'extérieur, quadrangulaires à l'intérieur, sont engagés dans un mur qui règne tout autour du promenoir. Ce mur bouche les entre-colonnements. De ceuxci, deux seulement, à ce qu'il semble, sur la façade orientale, étaient restés ouverts, afin de donner accès soit au sanctuaire, soit à la large galerie qui l'enveloppait de toutes parts. L'arrangement de la cella n'était pas moins particulier. L'intérieur était divisé en trois nefs, de largeur à peu près égale, par de puissants piliers que reliait les uns aux autres

ni

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