PI. XVIII
LES TEMPLES DORIQUES
ZT'JDS COî.:PAP.ATIVE des FLAri3 REPRÉSENTÉS A LA MÊME ÉCHELLE TOME VII.. 51
une épaisse cloison de pierre. Au-dessus de ces piliers, à la place de Tordre supérieur qui, dans les grands temples, porte le plafond, il parait y avoir eu des statues d'atlantes*; c'est aux débris de ces figures colossales, qui gisent sur le sol parmi les décombres, que l'édifice a dû le nom, sous lequel il est connu dans le pays, de temple des Géants, tempio dei Giganti.
Sans sortir de la Sicile, nous pourrions beaucoup allonger cette liste; les constructeurs de la Grèce occidentale semblent avoir pris à tâche de ne point copier servilement les modèles que leur offraient les édifices les plus célèbres de la mère patrie. Les tentatives qu'ils ont faites pour atteindre à l'originalité ont-elles toujours été couronnées par un plein succès? Dans ces essais d'invention partielle, ne sent-on pas parfois se trahir une ambition qui se trompe sur Teffet des partis qu'elle prend? N'y a-l-il pas là ce que, dans les lettres, on nommerait des provincialismes ? Nous ne pouvons ici que poser la question sans la résoudre. Il nous suffit d'avoir, par les exemples allégués ci-dessus, donné une idée de l'indépendance avec laquelle, en ces lointains quartiers du monde grec, l'architecte a traité le thème dont les éléments fondamentaux lui avaient été fournis par ses prédécesseurs, par les artistes qui, bien avant que fussent fondées ces colonies, avaient créé, dans le Péloponnèse, le type du temple dorique.
Nous avons déjà, au cours de ce chapitre, eu l'occasion de renvoyer aux planches, tirées hors texte, où sont présentés les résultats de ce que nous appelons V étude analytique du temple dorique (IV- VII). Ces planches forment une série qui se continuera dans les volumes à venir et qui permettra de suivre, dans ses deux modes principaux, le développement de l'architecture grecque. Nous donnerons ici, très brièvement, quelques indications nécessaires ; elles rendront raison de l'ordre dans lequel se succèdent ces images; chacune d'elles y sera définie ; on en connaîtra le sujet et le sens ; on pourra en apprécier l'intérêt.
EXPLICATION DES PLANCHES IV-VIl
IV. — La planche représente, d'après le géométral de Dœrpfeld [Olympia, Baudenkmœlery t. I), la perspective à vol d*oiseau de l'Hérseon. L'édifice est coupé à peu près à la hauteur qu'atteignaient, au moment des fouilles, les parties sub-
1. Rien ne subsiste de la disposition des parties hautes du bâtiment; c'est donc par hypothèse que l'on assigne aux atlantes la place qui leur est ici attribuée ; mais cette conjecture est encore la plus vraisemblable de toutes celles qui ont été formées à ce sujet.
sistantes de Tœuvre. On a montré les particularités qui caractérisent les substructions du temple et la construction des murs de la cella. Les colonnes sont figurées avec les différences de diamètre qu'un exact relevé a permis de constater. L'Uéraeon est le plus ancien temple grec que nous connaissions; ôr, comme le prouve la vue en question , il offire déjà les trois traits essentiels qui caractérisent le temple dorique, tel qu'il se montre, dans les édifices du v*» siècle, sous sa forme la plus noble et la plus achevée. Ces traits sont : i<» la disposition périptère; 2° la coexistence de deux pronaos, Tantérieur et le postérieur; 3° la présence d'une colonnade intérieure.
V. — Vue perspective à vol d'oiseau du temple de Poséidon à Paestum, d'après le relevé de Labrouste. L'édifice est coupé, pour la cella, au-dessus de la frise, pour la façade principale, au-dessus de la corniche, pour les côtés, dans l'assise qui surmonte la corniche. Pour la façade postérieure, la vue donne le tympan et les rampants du fronton. Partout sont indiquées, telles qu'elles existent encore dans différentes assises, les entailles qui ont servi à l'insertion des pièces de la charpente. Ce qui ressort surtout de cette vue, c'est l'indépendance des deux ensembles que constituent le portique et la cella.
VI. — Restauration perspective, à vol d'oiseau, de la charpente du temple rétablie d'après les trous d'encastrement indiqués dans la planche V.Fig. 1. Disposition générale et structure du plafond du portique qui entoure le temple. Fig. 2. Les plafonds du pronaos et de la cella. Le couronnement. Fig. 3. Le comble de bois. Charpente de la cella. (Charpente du pronaos. Charpente du portique.
VIL — Fig. 1 et 2. La couverture en terre cuite peinte, i. Tuiles et faîtières du trésor de Gela, perspective d'après le géométral de Dœrpfeld (Olympia, Baudenkmœler, t. I, pi. XLI). 2. Tuiles, chéneau et larmier supérieur du temple C, à Sélinonte, perspective, d'après le géométral de Dœrpfeld [Ueher die Verwendung von Terrakotten am Geisonund Dach gnechischer Bauwerke, pi. II).
Fig. 3. Restauration des caissons en bois du portique du temple de Pœstum.
Fig. 4. Construction et détail des mêmes caissons.
Fig. 5. Caissons de marbre du temple de Thésée.
Fig. 6. Construction et détail des mêmes caissons.
Fig. 7. Caissonncment des portiques latéraux du temple de Bassœ, d'après Blouet. Expédition de Morée, pi. XV, XVI.
A. Couverture et acrotère central du temple d'Égine, vue postérieure, d'après Durm {Handbuch, p. 155).
B. Même acrotère vu de face.
C. Acrotère d'angle du temple d'Égine, d'après Durm {Handbuch^ p. 155).
D. Angle du temple C à Sélinonte, élévation perspective, d'après le géométral d'EiiioTÎ {Architecture antique delà Sicile, pi. XXII-XXVl).
E. Temple d'Égine. Coupe perspective sur le fronton, montrant que les figures sont détachées du fond.