‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 226 sur 349 · TOME vn · texte numérisé non relu

TOME vn

une colonnade que Ton relia au bâtiment principal par deux colonnes adossées à la tête des murs du naos (pi. XX, 8) \

Partout ailleurs^ le type auquel s'en sont tenus les architectes des trésors d'Olympîe, c'est celui que Vitruve appelle le temple in antis (pi. XVI). Le temple et le trésor sont issus d'un même type architectonique, celui du mégaron, type que le trésor, étant données sa fonction subalterne et sa faible largeur, a pu reproduire sous sa forme la plus élémentaire; mais le temple existait, avec ses caractères essentiels, bien avant le moment où furent bâtis les premiers trésors ; les deux que Ton regarde comme les plus anciens, celui de Sybaris et celui de Cyrène, paraissent remonter au milieu du vi^ siècle. A ne considérer que le plan du trésor, on pourrait être tenté de lui trouver une physionomie plus archaïque qu'au temple ; mais cette apparence s'évanouit, lorsqu'on le relève et qu'on le restaure, lorsqu'on essaye de se le représenter en élévation, tel qu'il était, à Olympie et à Delphes, dans ses exemplaires les plus soignés. On le voit alors ne se distinguer des temples dont il est le contemporain que par ses dimensions très atténuées et par la simplicité de sa disposition générale ; mais il reçoit le même décor, un décor aussi riche et formé des mêmes éléments. La peinture appliquée sur le stuc y colore les caissons du plafond et les divers membres de l'entablement, lorsque la pierre ne s'y cache pas, comme dans le trésor de Gela, sous des revêtements de terre cuite polychrome. La frise dorique règne sur la façade, au-dessus de l'architrave ; parfois même, comme dans le trésor des Sicyoniens, la file des triglyphes se continue, tout autour de l'édifice, sous la corniche* (pi. XX, 2). Comme le temple, le trésor a un fronton. Dans le tympan de l'un de ces frontons, celui du trésor de Mégare, le sculpteur a groupé des figures qui évoquent l'idée de la puissance et des triomphes du dieu que l'on honorait à Olympie; elles représentaient la victoire que Zeus avait remportée sur les Géants, puissances du désordre et du mal.

Nous avons emprunté aux ruines d'Olympie tous les exemples qui nous ont servi à donner une idée de ce type monumental ; c'est que les trésors d'Olympie sont les seuls qui jusqu'à présent aient été exactement décrits et figurés dans leur ensemble et dans leurs détails. A Délos, entre le temple d'Apollon et le Portique des cornes, on a relevé

\, D'autres trésors, celui de Métaponte par exemple, se rapprochent de cette forme carrée.

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