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LE VIEUX TEMPLE D'ATHENA SUR L'ACROPOLE D'ATHENES

R'Atvé do Docrpfcld, corr.muniq'ué par l'auteur.

la voie sacrée, de la route par laquelle les processions défilaient pour arriver jusqu'au seuil de ces illustres sanctuaires, de petits édifices dans lesquels on a reconnu, à leur forme, aux inscriptions qui y ont été recueillies et à la position qu'ils occupent sur le terrain, ceux que Pausanias appelle les (résors, ôyjcxupoi (pi. XX*). C'était là que les cités grecques déposaient, derrière des grilles et des portes qui ne devaient s'ouvrir que par le ministère des gardiens préposés à cet office, celles de leurs offrandes votives que l'on n'aurait pas pu, sans les endommager, exposer en plein air ; on y entassait les statues, les bas-reliefs, les stèles avec leurs dédicaces, les coffres incrustés d'ivoire et de métaux précieux, les vases d'or et d'argent. Ce terme, les trésors, était celui que, dans ces lieux saints, on appliquait de préférence aux bâtiments de cette sorte, auxquels il convenait de tout point. Cependant on les désignait parfois sous un autre nom. Un periégète ou voyageur plus ancien et plus savant que Pausanias, Polémon, dans ce qu'il avait écrit sur Olympie, employait, à propos de ces édifices, le mot vaoç, temple *. C'est que, par leur destination comme par leur aspect, les trésors étaient bien, eux aussi, à leur façon, de vrais temples.

Les trésors, en effet, étaient nés du même sentiment que les temples célèbres autour desquels ils étaient venus successivement se dresser, comme autant d'annexés. Sans doute le trésor n'était pas, comme le temple même, la propre maison du dieu ; mais le dieu y était pourtant présent, en ce sens qu'il était le propriétaire de tous les objets de prix que renfermait cette chapeUe ; il avait là ses réserves, son gardemeubles. A ce litre, le trésor participait au caractère religieux du temple ; il était, comme lui, le monument de la piété de tout un peuple. La ressemblance ne s'arrêtait pas là. De part et d'autre, dans leurs grands traits, les dispositions étaient pareilles. Certains trésors ne sont constitués que par une simple chambre carrée (pi. XX, 6) ; mais là où l'édifice a pris tout son développement, il se compose, comme le

1. Les flgures de cette planche sont toutes empruntées aux planches du tome I de VOlympia {Baudenkmxler); mais elles sont présentées différemment. 1. Terrasse des trésors (Trésors : 1. de Sicyone ; 2, 3. de villes inconnues; 4. de Syracuse ; 5. d'Epidamne ; 6. de Byzance; 7. de Sybaris; 8. de Cyrène; 9. de Métaponte; 10. de Sélinonte; 11. de Mégare; 12. de Gela; XIII, rHéraîon;XVI, exèdre; XV, leMétroon).— 2. Le trésor de Sicyone, vue perspective ; —3. Plan du trésor de Gela; — 4. Plan du trésor de Mégare; — 5. Plan du trésor de Sicyone; — 6. Petit trésor, près de celui de Sicyone ; — 1. Chapiteau d'ante du trésor de Mégare, vue perspective ; — 8. Colonne adossée du trésor de Gela.

2. Pragm. historic. Grsec. de C. Muller, t. III, p. 108 : Polemonis fragmenta, n° 20. Polémon mentionne là le vaôç MeTaTcovttvoiv et le vaôç BuJ^avT^wv, ainsi que les offrandes qu'ils renferment. On ne saurait donc douter qu'il ne s'agisse là de deux trésors.

temple, de deux pièces, une chambre rectangulaire, le naos, et un vestibule ouvert, le pronaos (pi. XX, 4, 5). La différence est dans les dimensions très réduites du trésor; aussi la colonne ne joue-t-elle pas ici un rôle aussi important que celui qui lui est attribué dans le temple. La cella du trésor est très étroite ; pas n'est besoin, pour en supporter le plafond, de colonnes placées dans Tintérieur de la chambre. Le vestibule est dans la même proportion ; il y suffit, pour soutenir l'architrave, de deux colonnes posées entre la tête des murs, que décore une an te d'une exécution très soignée (pi. XX, 7). Enfin, il n'y avait pas lieu d'entourer ces menues cellas d'une colonnade extérieure, parure qui n'aurait pas été en rapport avec la petitesse du bâtiment. D'ailleurs, pour étendre ainsi la construction, la place aurait manqué ; elle était très parcimonieusement mesurée, dans l'enceinte sacrée, que remplissaient, jusqu'à l'encombrer, les temples secondaires, des portiques, des autels et des statues. Chaque ville de quelque importance avait voulu avoir sa chapelle; mais elle avait dû se contenter d'une aire très restreinte. Les trésors sont pressés l'un contre l'autre, presque à se toucher ; ils ne laissent entre eux, sur les côtés, que d'étroits passages. Là même où il y aurait eu moyen de loger un portique, celui-ci, dans l'égranglement de ces couloirs, n'aurait pas été visible. Un espace libre où dresser des colonnes, on ne pouvait guère le trouver que devant le vestibule, sur la façade ; encore, là où l'on a relevé des traces certaines d'une ordonnance prostyle, constate-t-on que celle-ci a été ajoutée après coup *. C'estsûrement le cas, à Olympie, pour le trésor de Géla, comme l'a démontré l'étude comparative des fragments de la cella et de ceux du portique (pi. XX, 3). Là, le portique est postérieur d'environ un siècle au corps de l'édifice; départ et d'autre, les appareils diffèrent. Ce qui peut-être a donné l'idée de cette addition, c'est la forme carrée que présentait la cella. En adoptant cette forme, on s'était assuré un champ plus spacieux pour le placement des offrandes ; mais on n'obtenait pas ainsi, eût-on même prolongé ces murs latéraux, une disposition qui fût aussi familière et, par suite, aussi agréable à l'œil que Tétait celle du mégaron; l'aspect restait gauche et froid. C'est ce défaut que l'on voulut corriger en érigeant devant cette chambre

i. Dans le plan restauré de la terrasse des trésors que donne M.Laloux, plusieurs des trésors présentent l'ordonnance prostyle (Laloux et Monceaux, Restauration dOlympia, in-f°, Quantin, 1889, p. 122, 123); mais ces restitutions ne paraissent pas être autorisées par les relevés faits sur place (Olympia, Tafelband I, pi. 31 et 32). C'est seulement au trésor de Géla que les supports de ce portique ont laissé leur empreinte sur le stylobate.

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