ÉLÉVATIONS, PERSPECTIVE ET PROFILS
fîg. 217). Cette disposition, qui a pour effet de rendre les arêtes plus fines et comme plus nerveuses, tend à prévaloir à mesure que Tart se raffine (fig. 218). Dans Tordre dorique, les cannelures sont tangentes les unes aux autres; elles ne sont séparées que par des arêtes vives. 11 n'a été que très rarement dérogé à cette règle, comme par exemple à Sélinonte, où, dans le pronaos du temple S, il y a, entre les cannelures, d'étroites bandes plates (fig. 219). Dans un des trésors d'Olympie, on retrouve des baguettes arrondies et autrement disposées; c'est de deux en deux arêtes qu'elles reparaissent (pi. XXIV, 11). Le nombre des cannelures est toujours pair ; il varie de seize à vingt-quatre*.
Vingt est celui que l'on rencontre le plus souvent ; celui de vingt - quatre n'est qu'une exception , assez rare. 11 ne semble d'ailleurs pas qu'il y ait un rapport à chercher entre ce nombre et l'âge du temple. Au temple de Poséidon, à Pestum, la colonne a vingt-quatre cannelures, et ce monument est moins ancien que deux temples de Sélinonte et que le temple de Corinthe, où il y a vingt cannelures; mais, d'autre part, on n'en compte que seize au temple de Sunium, qui ne date que du milieu du v® siècle.
Cette diversité que nous avons signalée dans la composition de la colonne et dans le nombre des cannelures, on la retrouve dans la
216. — Plans supérieur et inférieur des cannelures du temple de Métaponte. De Luynes et Debacq.
Plan des cannelures. Labrouste, pi. 10. — iO. Colonne du naos, au temple S. Plan des cannelures. Hittorf, Arch. antique, pi. 55. — 11. Colonne du tre'sor de Syracuse, à Olympie. Plan des cannelures. Olympia. Baudenkmaeler, pi. 24.
1. Comme exceptions à Tusage, on signale 18 cannelures dans le pronaos du temple d'Assos, 28 dans une colonne trouvée parmi les fondations du temple d'Éphèse, et 32 dans deux fûts de Samos décrits par Ross (Reisen), On remarquera que, sauf 18, tous ces nombres sont des multiples de 4. G. Tacher Clarke, A doric shaft and base found at Assos {American journal of archœology, t. II).
forme même du support. Il n'est pas de colonne qui n'aille en diminuant de bas en haut, qui ne soit plus mince sous le chapiteau qu'à son pied ; mais le profil du fût est loin d'être toujours le même. Les variantes qu'il offre peuvent se ramener à deux types nettement caractérisés. Parfois, la colonne est ce que l'on appelle galbée j c'est-àdire que la ligne qui la cerne présente, dans sa hauteur, un renflement très sensible à l'œil (evTaai;). Cette ligne relève d'une de ces courbes ouvertes, telles que l'hyperbole et la parabole, qu'il n'est pas toujours aisé de distinguer l'une de l'autre^ étant donné l'état dans lequel sont aujourd'hui les monuments. On a dit que la colonne qui est caractérisée par ce tracé a quelque chose de l'aspect d'un sac*. La comparaison peut paraître forcée, mais elle fait ressortir le caractère très
i i.go v
217. — Plans supérieur et inférieur des cannelures du temple de Poséidon à Peslum.
Labrouste.