‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 236 sur 349 · Histoire de l*Art, t. III, fig · texte numérisé non relu

Histoire de l*Art, t. III, fig

On est donc fondé à tenir aussi compte d'un autre trait de ces esquisses. Dans l'une et dans l'autre, le fût a une base, base très simple qui parait n'être qu'un disque pareil à celui sur lequel posait la colonne des palais de Tirynthe et de Mycènes. Cette colonne de bois que caractérise sa sveltesse, nous croyons la reconnaître dans la colonne très élancée de Tune au moins des deux fabriques (fig. 221). C'est dans un pavillon de construction légère qu aurait été établie la fontaine où les femmes allaient remplir leurs urnes; mais le fût du portique dans l'autre édifice n'a pas des proportions aussi grêles (fig. 222) ; il semble que là ce soit une colonne de pierre qui a servi de modèle au peintre. Lorsque,

221. — La colonne d'une fontaine monumentale figurée sur le vase François. Wiener Vorgeblœtter fUr archœoloffische Vebungen. 1888, pi. 2.

dans le fût, la pierre s'est substituée au bois, la base dont celui-ci ne pouvait se passer devenait inutile; pourtant on ne s'est peut-être pas décidé tout de suite à la supprimer. Ces dessins attesteraient ainsi l'existence passagère d'une colonne dorique lapidaire qui aurait été pourvue d'une base, type de transition dont aucun exemple certain ne s'est conservé dans les édifices. On ne sait trop en effet ce qu'il faut penser d'une singulière colonne dont la partie inférieure a été trouvée àP*istrfm, dans le pronaos du temple de Déméter (fig. 223). Labrouste l'a restaurée avec un chapiteau ionique*; mais, si elle a une base, cette base n'offre pas les traits canoniques de la base ionique et, d'ailleurs, la cannelure de ce qui reste du fût ne présente point de méplats : c'est la cannelure dorique. Si Ton peut hésiter sur le vrai caractère de ce type énigma-

\. Temples de Pwstuniy pi. XIII. Coupe longitudinale.

tique, on n'éprouve pas le même embarras à propos du tronçon inférieur d'une colonne à cannelures doriques qui faisait fonction de stèle dans la nécropole d'Assos. Elle était scellée au plomb dans un creux ménagé au centre d'un large disque taillé à même le roc qui servait de support au monument (fig. 224)*. Celte base, qui a été coupée pour faire place à un sarcophage de date postérieure, avait i*",6 de diamètre et 0"^,34 de haut. Le diamètre du fût est de 0"^,425. Il a été brisé à 0"\65 au-dessus de la base. On suppose qu'il avait environ 2"^, 75 et qu'il portait une statue; de l'inscription votive qui était gravée dans

222. — La colonne d'un temple figuré sur le vase François. Ibidem.

deux des cannelures, il ne reste, par malheur, que le mot initial et quelques lettres de deux autres mots. Ces cannelures sont au nombre de vingt-cinq; c'est là une particularité que ne paraît offrir aucune autre colonne antique.

Si nous avons insisté sur les colonnes votives et sur les architectures figurées des vases, c'est que les unes comme les autres aident l'historien à se faire une idée de la variété première des formes ; mais c'est surtout comme partie intégrante du temple que nous nous sommes proposé d'étudier la colonne, dans le rôle qu'elle y joue comme support et dans ce qu'elle y ajoute de beauté, par la noblesse de ses proportions et de son port. Pour comprendre quel parti en ont

l. J. Tasgher Clarke, A Doric shaft and base found at Assos {American journal of archaeology, t. II, 1886, p. 267-28o).

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