Ibid,, III, m
temps où avaient été construits tous les grands temples doriques de la Grèce. Les éléments de cette théorie ont donc dû être tirés surtout de Tétude des édifices ioniques, les seuls que Ton bâtit alors et, par suite, les seuls qui intéressaient alors Tarchitecte. Aussi, comme on Ta constaté dès que Ton est entré dans la voie des mensurations exactes, les chiffres l et 1/2, 2, 2 1/4 et 3 que Vitruve indique comme les différentes expressions normales de ce rapport, ne concordent-ils, dans aucun cas, avec ceux que fournissent les relevés qui ont été exécutés sur les monuments mêmes. C'est ce qui ressort du tableau suivant, où les nombres inscrits représentent la relation constatée entre le diamètre inférieur de la colonne et le vide de Tentre-colonnement * :
Égeste. . . . i i/5 i 1/6 Sélinonte, temple C . 1 3/5
Sélinonte, temple A . 1 1/4 Sélinonte, temple D . 1 3/5
Vieux temple de Co- L'Hérœon d'Olympie. 1 3/4
rinthe 12/5 Les Propylées d'A-
Parthénon 1 2/5 Ihônes, entre-colon-
Bassse 11/3 nement du milieu. 2 3/5
Égine 13/5 Le temple de Cadac-
Temple de Thésée . . 1 3/5 chio, à Corfou. . . 2 3/5
A eux seuls, ces chiffres ne suffisent d'ailleurs pas à donner une juste idée du caractère d'une ordonnance. Pour le définir, on doit tenir compte d'autres éléments, du diamètre réel des colonnes, de leur forme et de leur hauteur relative. Avec le même entre-colonnement, deux colonnades pourront produire à l'œil une impression très diverse suivant que les fûts y seront courts et trapus ou aussi élancés que le permettent les proportions de Tordre dorique.
Lorsqu'on étudie l'architecture grecque et que l'on en suit l'évolution, du vil® au iv*^ siècle, en comparant entre eux des édifices auxquels on est en mesure d'assigner une date au moins approximative, on reconnaît que cet art n'a pas cessé de modifier son système de proportions et que les changements se sont toujours accomplis dans le même sens, qu'ils sont tous l'expression d'une même tendance. Dans le portique qui entoure le temple, les vides, nous devons l'indiquer dès ce moment, n'ont pas cessé de s'accroître aux dépens des pleins. En même temps que les colonnes s'amincissent et deviennent plus élancées, les intervalles qui les séparent s'élargissent. C'est ce que l'on constate, que l'on mesure ces intervalles entre le pied des fûts ou
1. C'estàDurm que nous empruntons ces données (Baukunstf p. 104). Voir aussi Cu. Chipiez, Du système modulaire dans Varchitecture grecque, p. 32-33 et pi. VHI (Revue arch. 1891 ; p. 1-14, 9 planches).
Pi. XXX.