PI. XXXVI
SKLINONTE tei.:ples s. et d. élévations
Reatauraticno d'Hittorf.
mêmes seraient venues, après coup, boucher un trou; mais on se tromperait fort en s'imaginant trouver partout l'arrangement que Ton interprèle ainsi. 11 ne se rencontre guère que là où la métope a été ou devait être ornée de sculptures. La forme de la pièce et son peu d'épaisseur facilitaient le travail. La plaque de marbre se laissait aisément manier. Le statuaire y mettait le décor, en haut ou en moyen relief; puis il la livrait au maçon. Celui-ci n'avait qu'à la glisser dans les rainures qui l'attendaient; mais le nombre est très restreint des édifices où des figures font saillie sur la métope et lui donnent le caractère d'un tableau.
Là où lui manque cette parure, la disposition n'est pas celle que nous venons de décrire.
Métopes et triglyphes forment donc, à proprement parler, de vrais murs et c'est sur les métopes autant que sur les triglyphes que porte la corniche ; aussi les joints des pièces du larmier tombent-ils indifféremment sur les métopes et sur les triglyphes. Cette division en métopes et en triglyphes ne se réfléchissant d'ailleurs pas sur la face interne de la frise, il faut reconnaître que tous les éléments dont celle-ci se compose contribuent, presque également, avec le mur qui est derrière eux, à soutenir la partie de l'entablement qui le surmonte.
Si, suivant les édifices, il y a, au point de vue de la construction, des différences de coupe et de pose assez marquées entre les blocs de tuf ou de marbre qui font fonction de métopes, celles-ci offrent aussi une certaine diversité, par l'aspect qu'elles présentent en élévation. Dans beaucoup de temples, ce sont des panneaux nus, qui paraissent avoir été d'ordinaire peints en rouge (pi. XXXVI ^). On a lieu de croire que souvent le pinceau ne s'était pas contenté d'appliquer ce ton uni sur la
236. — Temple dit de Castor et PoIIux, à Agrigente. D'après une photographie.
pierre, qu'il y avait tracé des ornements et des figures; mais rien ne subsiste de ce décor en couleur. Il en est autrement là où Tarchitecte a fait appel au statuaire et lui a livré le champ de tout ou partie des métopes ; mais, suivant les édifices, cette décomtion a été appliquée d'une manière très inégale. Il y a des temples où les métopes de la frise du ptéroma sont restées lisses, où Ton n'a ciselé de figures que sur celles du pronaos et de l'opisthodome de la cella, sous le portique ; il en est ainsi au temple S, à Sélinonte (pi. XXXVII), et au temple de Zeus, à Olympie. Plus souvent, c'est la frise extérieure qui s'est parée de ces images; mais, là encore, il y a plusieurs cas à distinguer, selon que, dans l'ornementation de cette frise, une place plus ou moinsgrande a été faite à la sculpture. Celle-ci n'apparaît parfois que dans les métopes des deux façades principales (temples C et S de Sélinonte, pi. XXXVI). Ailleurs, au voisinage du pronaos^ la figuration se continue au-dessus des premiers entre-colonnements des façades latérales ; elle semble ainsi vouloir faire retour sur les côtés, mais s'arrête en chemin; il en est ainsi au temple de Thésée, à Athènes. Il n'y a que le Parthénon où toutes les métopes soient sculptées sur les quatre faces du bâtiment.
L'architecte n'a pas trouvé du premier coup le meilleur moyen d'utiliser le concours que le sculpteur lui prêtait en l'aidant à répandre dans sa frise l'image et le mouvement de la vie. Dans l'un des plus vieux temples de Sélinonte, le temple C, le parti qu'il a pris est vraiment étrange.Chaque bas-relief est entouré par des faces lisses, très saillantes, taillées dans le même bloc; celles-ci forment un cadre que ne dépassent point les figures, exécutées en très haut relief, qui décorent la métope (fig. 237). C'est dans le creux de ce caisson que ces figures sont logées. On devine la pensée qui a suggéré cette disposition. Ces groupes, d'une facture si gênée et si gauche, durent, quand ils naquirent, passer pour des chefs-d'œuvre. Ceux qui les mirent en place étaient très préoccupés de les protéger contre les intempéries et d'en assurer la conservation. Ils y réussirent ; mais ce fut au prix de graves inconvénients. Cette cage était d'un aspect très lourd, et, si, dans une certaine mesure, elle défendait les sculptures contre la pluie, elle arrêtait au passage les rayons qui en eussent modelé les formes. Emprisonnées entre ces parois et sous ce plafond, les figures n'étaient éclairées que pendant bien peu de temps, lorsque le soleil, voisin de l'horizon, les frappait de face ; elles étaient baignées d'ombre, dès que l'astre était un peu haut sur l'horizon ou qu'il éclairait le temple de côté.
On ne put larder à reconnaître les défauts de l'arrangement. Dès
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que Tart fut plus libre et plus fécond, on osa dégager les figures de celte caisse. Dès lors, elles s'encadrèrent entre les faces latérales des triglyphes et deux plates-bandes lisses, celle qui couronne l'architrave et celle qui surmonte triglyphes et métopes. Toutes les pièces de ce cadre n'ont qu'une très faible saillie et ne projettent sur le champ de la métope qu'une ombre très courte. Les images se présentent donc là en pleine lumière; l'éclairage varie avec les mouvements du soleil, et c'est à jour frisant qu'elles prennent toute leur valeur (pi. VU, D).
Dans le temple de Zeus à Olympie et dans trois des temples de Sélinonte (D, R et S), la frise extérieure se trouve répétée, avec ses triglyphes et ses métopes, sur une portion du mur de la cella, soit seulement sur le mur qui forme le fond du pronaos, soit encore sur celui qui occupe la même situation dans Topislhodome (pi. XXXVIl) ; mais là, pour des raisons que nous avons précédemment indiquées, elle n'offre plus toujours les mêmes proportions qu'au-dessus du portique. Ainsi, à Paestum, ces métopes n'ont pas, comme celles du ptéromay une forme qui se rapproche de celle du carré : la largeur du champ y est plus du double de sa hauteur.
Cet entablement du mur de la cella est moins haut, dans son ensemble, que celui qui surmonte la colonnade ; la corniche, très simplifiée, y est privée de larmier; cette moulure protectrice aurait été inutile dans un espace couvert, tel que l'était le dessous du portique ou l'intérieur du temple. Cette frise ne se prolonge jamais, dans les temples périptères, sur les grands côtés du bâtiment. D'autre part, dans certains édifices qui appartiennent au siècle où l'art se montra
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