ïphigènie, v
frise de part en part ; derrière la pierre qui porte les rainures du triglyphe, comme derrière celle où le champ de la métope s'offre au ciseau du sculpteur, il y a une autre pierre, qui est à peu près du même échantillon (pi. XXXIII, 3). Sur celle de ses faces qui regarde l'intérieur du portique, la frise ne présente plus aucune des divisions qu'elle offre à Textérieur. Elle est constituée, de ce côté, par une suite continue de blocs que couronne une corniche simplifiée. Ces blocs forment, à eux seuls, un tiers et parfois jusqu'à la moitié de l'épaisseur totale. Souvent on les trouve en contact avec la partie postérieure des triglyphes et des métopes; mais ils en sont séparés, là où l'édifice est de grande dimension, par un intervalle que remplissent des pierres qui ne sont qu'épannelées et toutes les pièces de cet appareil sont reliées entre elles et à la corniche par des crampons. On voit quel caractère compact offre l'ensemble ainsi créé ; si la frise avait été, à une certaine époque, percée de jours symétriques, réservés entre les triglyphes, ne retrouveraiton pas, dans la construction, quelque souvenir, quelque trace de cette disposition? Or, dans les édifices même les plus anciens, il n'y en a pas le plus léger vestige ; l'entablement forme, au-dessus des colonnes, un vrai mur, un mur plein, dont aucun vide n'interrompt la continuité (fig. 236).
Ces vides auxquels nous refusons de croire auraient eu, a-t-on dit, une raison d'être; dans le temple de pierre, ils auraient allégé d'autant l'entablement. Presque tout le fardeau du comble aurait ainsi pesé sur les triglyphes, par l'intermédiaire desquels la pression se serait transmise aux architraves. Les faits ne sont pas d'accord avec cette théorie ; c'est ce que l'on constate dès que l'on ne limite pas son enquête à un ou deux édifices, qui sont trop souvent pris pour types. Sans doute le bloc dans lequel le triglyphe est taillé a occupé parfois toute la largeur de l'architrave; mais c'est là l'exception. Dans la plupart des édifices, surtout au v® siècle, le triglyphe ne correspond plus qu'à la moitié de cette profondeur, l'autre moitié étant remplie par des assises superposées. La condition du triglyphe est alors la même que celle de la métope; derrière celle-ci, qu'elle soit épaisse ou mince, il y y a toujours un mur.
Dans certains temples de la Sicile et dans les temples attiques du v^ siècle, les métopes sont des tables de marbre qui, de droite et de gauche, s'insèrent par la tranche dans des feuillures ménagées à cet effet sur les côtés des triglyphes (pi. XXXIII, 10). On serait donc tenté, là, de supposer que ces dalles ont succédé à des planches qui elles-