PI. XIV; XIX; XLVII, 4 ; XLVIII
* Le temple dit d'Athéna (?) a Syracuse, aujourd'hui la cathédrale , Santa Maria, Si ce temple est en partie conservé, c'est que, lors de la chute du paganisme, il a été changé en église. Il en subsiste 22 colonnes, encore debout et portant l'architrave, 9 sur le côté sud, 12 au nord, 1 sur la façade postérieure ; elles sont engagées dans les murs de l'église. Les remaniements nécessités par ce changement de destination ne permettent plus de rétablir tout le plan de l'édifice grec. F. 6. C. 14 ou 15 colonnes. 20 cannelures. La cella était allongée,
avec un pronaos in aniis. Les colonnes sont serrées ; elles s'amincissent sensiblement vers le haut; Tentasis y esta peine marquée. Dans Tentablement, la corniche a partout disparu. Là où il reste quelques morceaux de la frise, les triglyphes sont grêles.
Houel, Voyage pittoresque, t. III, pi. 194-195. Serra di Falco, An^ di Sic, t. IV,pl. 5-8. Cavallari-Holm, Topografia archeologica, p. 176-177 ; 382-384. PI. L, 6.
* Le Temple d'Apollon a Delpoes. Bâti par les Alcméonides, entre 538 et 515 ; ils s'étaient chargés, comme entrepreneurs, de la construction, en vue de laquelle par des quêtes faites pendant dix années dans tout le monde grec et chez les rois philhellènes, comme Amasis, le conseil des amphictyons avait ramassé trois cents talents, environ 1 800 francs (Hérodote, II, 180). L'architecte fut Spintharos de Corinthe (Pausanias, X, v, 13). Le Bulletin de Correspondance hellénique (1896, p. 641-654) contient une notice où Homolle résume tout ce que les fouilles récentes ont appris aux explorateurs sur la construction, la disposition et l'ornementation de l'édifice; mais ces données se réduisent à fort peu de chose; le temple du vi® siècle paraît avoir été presque complètement rebâti au iv® siècle, soit à la suite d'un incendie, soit plutôt après un tremblement de terre, qui l'aurait détruit jusqu'aux soubassements. Il ne resterait de l'édifice primitif que de très faibles débris, qui ont été utilisés comme matériaux, soit dans les substructions du nouveau temple, soit dans divers remblais.
Les travaux de terrassement, exécutés pour asseoir le temple, furent très importants; on peut les comparer à ceux qui, au siècle suivant, furent entrepris à Athènes, sur le versant sud de l'Acropole, afin de préparer l'esplanade où s'élèverait le Parthénon. Il subsiste, de cet effort, un monument considérable, le mur polygonal (fig. 151). Parmi les rares fragments que l'on croit pouvoir attribuer au temple de Spintharos, il y en a en tuf et en marbre; ainsi se trouve confirmée l'assertion d'Hérodote d'après laquelle les Alcméonides auraient employé le Paros pour « la partie antérieure « (ta f [jnrpoiSev toO vyjoO), sans doute pour la façade orientale du temple, quoiqu'ils n'y fussent pas obligés par leur contrat (V, 63). On ne s'était guère servi du marbre jusqu'alors que pour la sculpture ; ce ne fut pas sans surprise et sans admiration que l'on vit l'architecte des Alcméonides en user dans sa construction ; il fallut un pénible effort et une lourde dépense pour transporter, de Paros à Delphes, tous ces quartiers de marbre.
Par une série de calculs fondés sur la mensuration des fragments, du peu qui reste des triglyphes et des métopes, on croit être arrivé à fixer, d'une manière tout approximative, les dimensions du temple. Mesuré sur le stylobate, il aurait eu environ 58 mètres de long sur 23 mètres de large, dimensions qui sont sensiblement égales à celles du temple reconstruit. Quant aux dispositions intérieures, on n'enpeut rien savoir. *
Les colonnes étaient faites de tambours taillés dans un tuf d'un grain fin et serré, qui n'a reçu qu'un enduit très mince, formé de quelques couches de lait de chaux.Ces tambours ont en moyenne 0",60à0",62 de haut, vingt cannelures et un diamètre qui varie de 1",33 à 1™,69. Du chapiteau, on a retrouvé un débris qui en permet une restauration. Il avait franchement les profils du vi® siècle, un haut abaque, une échine très évasée, au contour fortement arrondi. L'architrave était en deux pièces, dans le sens de la hauteur. Il a été recueilli deux fragments, en marbre de Paros, du filet qui la couronnait et qui portait les gouttes.
L'assise inférieure a disparu, ces grandes poutres de marbre ayant dû être retaillées en vue de divers remplois; mais on Ta retrouvée en tuf. Le rapprochement des filets de marbre et des épistyles de tuf donne pour la hauteur totale de l'architrave i",328. On a un morceau d'un triglyphe en marbre blanc; la hauteur de ce membre devait être de 1"*,378. C'est de la corniche qu'il subsiste le plus de débris. Par l'examen des mutules, on reconnaît qu'il y avait deux types de triglyphes, les uns larges de 8", 25 et les autres de 8°,95. Les entrecolonnements n'étaient donc pas tous égaux. Deux mufles de lion, destinés à servir de gargouilles, présentent les caractères de l'art archaïque. D'un fragment de moulure qui provient du tympan, on a pu déduire l'inclinaison du fronton. Le rapport de la hauteur à la longueur y était 1 : 8,636. La couverture était en marbre, en grandes dalles plates relevées sur les bords pour faciliter l'écoulement de l'eau et recevoir les couvre-joints, qui étaient faits de la même matière. Une Niké ailée et volante, en marbre blanc, dont plusieurs fragments ont été ramassés, devait jouer le rôle d'acrotère, comme à Égine (pi. Vil, A). 11 y avait, au témoignage de Pausanias (X, xix, 3), des statues dans les frontons ; on pense en avoir retrouvé les restes dans les fragments de deux séries de figures, non travaillées par derrière, dont les unes sont en marbre et les autres en tuf, ce qui s'accorde avec l'assertion d'Hérodote. Euripide décrit des groupes que contemple le chœur, qui est censé se mouvoir devant la façade principale du temple {Ion, v. 190-219) : « Regarde », dit le chœur, «sur les murs de pierre la déroute des géants. » S'agit-il de peintures qui auraient couvert les murs de la cella, sous le portique ? S'agit-il de métopes sculptées ? Et, si c'est à des métopes qu'il faut rapporter cette description, ces métopes sontelles celles du ptéroma, au-dessous du fronton, ou bien les métopes de la frise du pronaos, qui auraient été décorées comme dans le temple R, à Sélinonte (pi. XXXVII) ? 11 ne semble pas que les fouilles aient fourni aucun élément qui permette de résoudre ce problème.
Le Temple dit de Thémis a Rhamnunte. — Petit temple in antis, La colonne a cinq diamètres et demi de haut, et le profil du chapiteau est encore très évasé. Fait de quartiers de marbre du Pentélique, le mur de la cella est d'appareil polygonal ; cette partie tout au moins de l'édifice paraît antérieure aux guerres médiques. Tout près de ce monument se trouve un temple périptère, de faible dimension, mais tout en marbre, qui est connu sous le nom de Temple DE Némésis (pi. XV). Ce dernier édifice, à en juger par les formes et les proportions de son architecture, serait moins ancien que le Parthénon. Il est vraisemblable que ces deux édifices ont été également consacrés à Némésis ; le temple périptère aurait remplacé, dans la seconde moitié du v® siècle, la vieille chapelle. La seule raison que l'on ait eue de croire que Thémis ait eu un temple à Rhamnunte, c'est le fait que l'on y a trouvé le nom de cette déesse gravé sur des bases de statues ; mais Pausanias n'a pas vu de temple de Thémis à Rhamnunte, et il parait probable, d'après le contexte des inscriptions, que Thémis était honorée là seulement comme parèdre de Némésis ('EçTQii^pCç, 1891, p. 52-53).