‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 316 sur 349 · Profil des bases · texte numérisé non relu

Profil des bases

du temple d'Héra

{Anliquilies of lonia, 1821, chap. V, pi. V).

271. — Ensemble de la colomie du temple d'après Tournefort (t. II, p. 123) et Foucherot.

vr siècle, a été riche et puissante ; on a d'autres exemples d'anciennes colonnes ioniques où la cannelure fait défaut.

La colonne était très svelte. Il en manque sans doute la partie supérieure, mais on a le diamètre inférieur du chapiteau, parle fragment qui a été retrouvé à terre, près de la base et, sur les douze tambours qui sont demeurés en place, on a pu mesurer la décroissance graduelle du fût. Du dessus de la base à la naissance de Téchine, ce fût avait 13"^, 225 de haut, près de huit diamètres. Le chapiteau était composé de deux pièces, qui étaient réunies par superposition, comme l'indique le trou de scellement creusé, pour recevoir un tenon, dans la face supérieure de l'échiné, la seule partie conservée du chapiteau (fig. 272). Celte échine ayant des oves sur tout son pourtour, il en

272. — Le chapiteau de la colonne de Samos, d'après Tournefort et Foucherot.

résulte que les volutes devaient être taillées dans un plateau dont la partie inférieure était évidée; elles tombaient des deux côtés de Féchine , sans avoir avec celle-ci aucun contact*. Il y a lieu de croire qu'elles offraient une disposition analogue à celle que nous avons constatée à Éphèse ; mais ce qui nous reste du chapiteau de Samos suffit à prouver qu'il avait son originalité. Il présente une particularité qui ne se rencontre pas à Éphèse. C'est ici que nous rencontrons pour la première fois le gorgerin, que nous retrouverons dans le chapiteau de TÉrechthéion ; il est circonscrit, à Samos, par deux filets.

C'est à un édifice de beaucoup moindre importance, le temple d'Apollon Napéen, dans l'île de Lesbos, qu*appartenait une colonne qui, bien que de faible hauteur, n'en mérite pas moins d'appeler l'attention. Napé était une petite ville dont les ruines ont été reconnues près du village de Kolumdado; les fragments de l'ordre étaient là, pour la plupart, engagés dans la construction d'une église dédiée à Haghios Taxiarchis *. Cette colonne est, selon toute apparence, plus ancienne que celle de Samos et même que celle d'Éphèse ; tous les membres en ont été retrouvés; elle se laisse restituer presque 273. — coionne du temple d'Apoi-

j • L£ 'i.£ j u Ai»«ij» Ion Napéen. Base. Koldewey,

dans son mtégrité. La base est faite d un j xvi; r,.

gros tore que surmonte une baguette ronde

(fig. 273) ; le fût est lisse (fig. 274) ; mais ce qu'il y a de plus curieux, c'est

le chapiteau (pi. LU, 1) \ Les volutes sont, à leur naissance, adossées et

1. Les fragments de volute qui ont été recueillis sur ce terrain et dessinés ne peuvent avoir appartenu à l'ordre que nous étudions; ils proviennent d'un chapiteau beaucoup plus petit que ne Tétait celui de notre colonne {Antiquiiics of lonia, 1821, ch. V, pi. IV, 5).

2. Koldewey, Die antikeji Baureste der Insel Lesbos^ 90 pages, figures dans le texte, 29 planches et 2 cartes, in-f", Berlin, 1890.

3. PI. LU. — 1. Chapiteau du temple d'Apollon Napéen, mis en perspective d'après le géométral de Koldewey, pi. XVL — 2. Chapiteau de Néandria, d'après le géométral de Koldewey, Néandria^ fig. 60, 61, 62. — 3, 4. Colonne du plus ancien temple d'Apollon, à Naucratis. D'après le géométral de Flinders Pétrie, NaukratiSy Partie I, pi. III. —

tangentes; elles se dressent dans le sens vertical, et le centre est en dehors de Taplomb du fût. A leur sommet, elles laissent entre elles un espace que remplit et décore une palmette. Le dessus du chapiteau présente une surface lisse ; c'est un plateau rectangulaire qui a comme largeur le diamètre de la colonne (0™,48); la longueur est de 0",88. Le tout est taillé dans un bloc de trachytequi a {""^36 de long; il offre le même dessin sur les deux faces.

La colonne de*Néandria nous est aussi connue tout entière. Il ne s'est pas retrouvé la moindre trace de bases, car on ne saurait appeler

ainsi les dés de pierre, cachés dans l'épaisseur d'une aire de terre battue, sur lesquels reposait le tambour inférieur du fût. La base que partout, dans les plus vieilles colonnes ioniques, nous avons vue très développée, aurait fait ici complètement défauts II y a là, dans cette particularité, quelque chose de singulier, de vraiment inattendu. Quant au fût, il aurait été lisse, avec un fruit très marqué. Presque tous les tambours ont disparu. L'édifice, après avoir été ruiné par un incendie que l'on devine aux charbons dont le sol est jonché, a servi de carrière aux villages voisins. Les blocs qui formaient les chapiteaux ont, pour la plupart, été retaillés sur place; les parties saillantes, les ornements en relief, ont été abattus ; ceux-ci sont demeurés gisants sur le chantier. Un des morceaux les mieux conservés est celui qu'avait découvert, en 1882, dans une visite qu'il fit au Tchidridaçh^ un architecte américain, Clarke, alors occupé aux fouilles d'Assos (fig. 275) *. Une des deux volutes est complète. Le motif étant symétrique, il est aisé de reconstituer la partie manquante.

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