‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 76 sur 349 · Le bouclier d'Achille. Disposition des tableaux · texte numérisé non relu

Le bouclier d'Achille. Disposition des tableaux

tère que la suite des tableaux qui se pressent dans les deux bandes intérieures ; c'est comme une transition habilement ménagée entre ces scènes compliquées et la dernière ceinture, l'Océan, qui, autour de toute cette vie, répand l'uniformité de sa masse puissante et tranquille. Nous avons étudié l'œuvre d'Héphaestos comme si nous admettions qu'elle a eu une existence réelle; toutes les scènes décrites sont venues, comme d'elles-mêmes, se répartir entre nos cinq anneaux. Pour qu'il en ait été ainsi, il faut que le poète ait vu, soit des yeux du corps, soit tout au moins des yeux de l'esprit, ses figures distribuées dans un cadre pareil à celui que notre compas a tracé. Autrement, la correspondance entre la description homérique et notre diagramme n'aurait été obtenue qu'au prix de combinaisons plus ou moins forcées. 11 paraît donc cer-

tain que le regard du poète s'est arrêté sur des boucliers où des tableaux du genre de ceux qu'ilénumère étaient ainsi groupés, et les monuments confirment cette hypothèse. On en possède qui présentent cette disposition et qui paraissent remonter à un âge très voisin de celui où a été composé cet épisode. Nous avons déjà cité, comme type de la division

19. —bouclier votif. Bronze. Diamètre de la partie conservée, 0".31. Museo italiano di anlichild classicOy t. II. Atlas in-folio, pi. IX.

en zones concentriques, un disque de bronze (fig. 17). L'arrangement est le même, mais avec une ornementation plus développée, dans un des boucliers votifs qui étaient compris parmi les objets déposés dans l'antre sacré derida,en Crète, objets que Ton attribue à la fin du viii*^ ou au commencement du vu*' siècle (fig. 19 et 20).

On est parti de là pour affirmer que Tauteur, dans tout ce morceau, n'avait fait que décrire un travail d'une importance et d'une beauté

in LA GRÈCE DE L'ÉPOPÉE.

exceptionnelles, rare épave du naufrage de la civilisation mycénienne. Tout couvert de figures qui piquaient la curiosité, tout brillant de Téclat des métaux précieux et d'un riche émail, ce bouclier aurait été conservé dans quelque sanctuaire ou dans le trésor d'un prince ; le poète se serait fait l'interprète de l'admiration que provoquait cette merveille d'un art très supérieur à celui des générations nouvelles, faibles héritières d'un monde où tout était plus grand et plus beau. La conjecture, à première vue, paraît spécieuse ; je crois voir pourtant plus d'une raison de l'écarter.

Il y a lieu de penser que nous connaissons aujourd'hui tout au moins les principaux des types qui ont été créés par l'art achéen. Or, si les procédés dont se sert Héphaestos sont bien ceux que pratiquait l'orfèvrerie mycénienne, il n'a, d'autre part, rien été trouvé, ni dans les tombes de l'enclos funéraire ni dans d'autres sépultures de cette même période, qui, pour l'étendue et le développement de la composition, soit comparable au bouclier d'Achille. Les boucliers que l'on voit figurés sur les intailles mycéniennes ne peuvent avoir été que des planches de bois sur lesquelles t. /». j étaient fixés, vers les bords et au centre, des boutons

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