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reculé. La tête, portée sur un cou très allongé, est comme taillée au couteau; le nez est très haut placé. Point de polos ; mais, à ce détail près, la donnée et le faire rappellent fort nos figurines d'ivoire*.
Le type que nous offrent le bas-relief de Camiros, la slaluette de l'Acropole et les statuettes du Céramique paraît donc n'être pas autre chose qu'une variante de celui qu'avaient créé les tribus dont l'industrie nous est surtout connue par certains cimetières des Cyclades. La fabrication de ces simulacres était intimement liée à la plus antique de toutes les religions, au culte des morts. Elle s'est poursuivie au delà même des limites de l'âge mycénien. Une de ces figurines a été recueillie à Tliéra, dans une sépulture qui renfermait un vase de style géométrique *. Toutes trouvées dans les tombes, ces statuettes, qu'elles soient en marbre, en argile ou en ivoire, ne peuvent être que les images d'une divinité protectrice des morts, images qui étaient censées jouer là un rôle analogue à celui que remplissaient, dans les sépultures égyptiennes, les figurines en terre vernissée que l'on appelait les oushebti ou << répondantes ». On remarquera le polos qui se dresse sur la tête de deux des figurines ; il apparaît déjà parfois dans les terres cuites primitives, et c'est une coiffure que l'art classique réserve aux personnages divins.
S'il convient de voir dans nos figurines non pas des importations phéniciennes, mais le développement d'un type qui a été créé par rimagination grecque, il doit y avoir un rapport sensible entre le style de ces statuettes et celui des autres ouvrages que l'on est en droit d'attribuer à cette même période. Or cette ressemblance existe; elle frappera les yeux de tout critique qui se met en garde contre l'illusion de ce que l'on a appelé le mirage oriental^. Sans doute le sculpteur est ici en avance sur le peintre céramiste, comme l'était l'orfèvre de l'âge mycénien; mais, à cela près, c'est, de part et d'autre, la même interprétation de la forme humaine, les mêmes proportions allongées, la même gaucherie dans le rendu des traits du visage, la même horizontalité des épaules, la même coupe triangulaire du buste, le même amincissement conventionnel du corps à la hauteur des hanches, la même négligence dans la présentation des mains et des pieds. Si l'on considère le seul accessoire que comporte la donnée de l'entière nudité, même concordance; l'ornement qui pare le polos de la figure principale n'est autre que le méandre; or ce motif se retrouve sur les vases
\. De RiDDER, ùataîogue des bronzefi trouvés dans r Acropole d'Athènes, 1896, n^ 771.