‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 97 sur 349 · Support de vase. Wurzbourg. Conze, pi. VII · texte numérisé non relu

Support de vase. Wurzbourg. Conze, pi. VII

qui y parait au premier plan; elle s'y multiplie; elle s'y montre sous différents aspects, dans des scènes telles que représentations de funérailles et de combats sur terre et sur mer (fig. 42).

C'est en Attique, à ce qu'il semble, que le peintre a fait ce pas déci-

42. — Cratère du Dipylon. Hauteur, l'",21. Circonférence au-dessus des anses 2", 43. Musée national d'Athènes. Ray et et Collignon, Histoire de la Céramique grecque, pi. 1.

sif. Presque tous les vases de style géométrique à figures ont été trouvés dans cette contrée, quelques-uns d'entre eux à Égine, à Eleusis et dans la banlieue d'Athènes, la plupart à Athènes même, dans le cimetière du Céramique extérieur qui touchait à la porte que Ton appelait le Dipylon (la double porte). Ces vases sont bien le produit de l'industrie attique. Pourquoi irait-on supposer qu'ils aient été apportés du dehors par le commerce? On ne saurait alléguer à l'appui de celte hypothèse même le plus léger indice. Où chercher le centre de production? Comment expliquer que celui-ci, d'où serait sortie une telle quantité de vases marqués au sceau d'un goût très particulier, n'ait pas gardé, dans ses nécropoles, quelques échantillons de sa propre fabrique? La supposition est d'autant plus invraisemblable que le sol de l'Attique fournit une argile excellente. Ce qui prouve que la qualité de la terre y a, de très bonne heure, suscité l'industrie du potier, c'est ce nom même de CéJ^amique que parait avoir porté, de tout temps, un district urbain; il signifie « le quartier des potiers ». Enfin, il est de ces vases dont la taille même exclut Tidée d'une importation : je veux parler de ceux qui se dressaient au-dessus des tombes, où ils faisaient l'office de stèles (fig. 42). L'ouvrier n'a pu leur donner cette dimension et ce poids que parce qu'il savait n'avoir à les transporter que jusqu'à une sépulture toute voisine de son atelier. Posées sur une large planche, ces pièces énormes se prêtaient à parcourir, sans accident, une faible distance; mais les difficultés auraient été presque insurmontables s'il avait fallu leur faire faire, par terre ou par mer, un long voyage.

L'un des ouvrages les plus soignés de cette fabrique, le vase d'Ormidia, est, il est \rai, sorti d'une nécropole cypriote, et l'on a ramassé dans le Péloponnèse et jusqu'en Sicile quelques fragments de cette même poterie : c'est que les ateliers d'Athènes, dès cette époque, travaillaient pour l'exportation*. Hors d'Athènes, ces poteries ne se rencontrent que par exemplaires isolés, dans des pays très éloignés les uns des autres. Si la Béolie a aussi fabriqué de nombreux vases à figures, on sent, dans ceux-ci, l'imitation des types créés par les potiers d'Athènes.

Avec les vases du Dipylon, l'évolution du style géométrique est arrivée à son terme. Du moment où l'image de l'homme aurait pris pied dans le champ du vase, elle ne pouvait manquer de l'envahir bientôt tout entier, ou du moins de s'y faire la plus belle part. Dispo-

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