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L’ART PREND SON CARACTÈRE MODERNE DANS LA GUERRE DE TRENTE ANS

§ 1er. AVANT LA GUERRE DE TRENTE ANS (1610-1619).

Notre précédent chapitre embrasse les temps compris depuis Pavénement de Henri II jusques et y compris la mort de Henri IV ; c’est en France la période des Henri , à laquelle va succéder, et pour deux siècles , la période des Louis. De cette dernière période, un seul règne nous occupera en ce chapitre IX, celui de Louis XIII (1610-1643) , pendant lequel s’accomplissent, à très-peu près, et le règne entier de Gustave-Adolphe (1611-1632), et la guerre de Trente ans de son début (1619) au traité de Weslphalie (1648).

Depuis l’assassinat de Henri IV jusqu’à la guerre de Trente ans, il se passe neuf années, et l’art militaire suit les traces jalonnées par ce monarque , le dernier en date parmi ceux qui viennent de contribuer à sa renaissance. On apporte néanmoins des changements utiles dans nos armées.

L'infanterie se place sur 8 rangs au lieu de 10. On abandonne malheureusement pour elle l’usage des gros régi-

ments (1) , qui diminuait les frais des états-majors et empêchait que la levée improvisée d’un régiment ne devint une spéculation.

La fortification réalise peu de progrès en France, comme en fait foi la Fortification démontrée et réduite en art , de l'ingénieur Errard (de Bar-le-Duc) , qui jouissait alors et d’une certaine réputation et d’une autorité réelle : plusieurs places sont construites d’après son système. En Hollande, Marolois améliore la science de la fortification ; il veut le flanc le plus grand possible et à angle droit sur la courtine.

Quant à l’artillerie, Henri IV possède des calibres qui diffèrent peu de ceux appartenant au temps de Henri II ; ses canons n’ont pas encore d’avant-train; le calibre de 33 se trouve seul muni d’un chariot porte -corps. Maurice de Nassau ne dispose habituellement que de trois calibres.

Les généraux de cette période ont été à l’école de Henri IV et de Maurice de Nassau , ou bien dans les rangs espagnols avec le duc d’Albe et Alexandre Famèse. Les impériaux appartiennent à cette dernière catégorie ; ne nous étonnons donc pas de les voir conserver les formes pesantes, épaisses, leurs gros bataillons, leurs gros escadrons et leurs remparts de chariots pour se couvrir contre la cavalerie.

Nous trouvons en 1618 un ordre de bataille qui mérite d’être signalé : c’est celui adopté par Mansfeld (2) dans la journée de 1618 , près de Bade, où il lutte contre Bucquoi. Au centre, son artillerie et scs chariots en forme de retranchement, un seul bataillon de gens de pied en avant, le

(1) Henri IV, en 4610, nvait 59,000 fantnasins réparti» en 43 régiments, ce qui donne 4,538 hommes pour chacun de ces régiraonu.

(2) Le fils, l’aventurier.

GUERRE DE TRENTE ANS

restant de l’infanterie par derrière le retranchement, et la cavalerie en échiquier sur les ailes (1).

La solidité des formations de ces temps qui précèdent Gustave- Adolphe se retrouve chez Jérémie de llillon, qui ne veut pourtant pas, ainsi que le montre la figure suivante,

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