‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 12 sur 127 · P P P P P P P*P P P P P PP P P P.P P P P P · texte numérisé non relu

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sa manière et manœuvrait relativement à sa ; nous indiquerons seulement avec précision le mécanisme de la phalange modèle, mécanisme qui repose sur les puissances du nombre 2.

Quatre hommes, dont 2 protostates (hommes de rang impair) et 2 épistates (hommqg de rang pair), formaient l’énomotie; quatre énoiïiolies formaient la file; deux files formaient la dilochie; deux dilochies formaient la tétrarchic; deux tétrarchies formaient la taxiarchie , et deux taxiarchies ou quatre tétrarchies formaient le syntagme, bataillon carré de 16 hommes de côté. Chaque syntagme avait cinq surnuméraires, qui n’entraient pas dans les rangs, savoir : un trompette, un porte-enseigne, un adjudant pour porter aux officiers les ordres du

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général , un héraut pour faire les commandements , et un serre-filû extraordinaire, qui était officier (1). Deux syntagmes formaient la pentacosiarchre; deux' pentacosiarchies la çbiliarchic ; deux chiliarchies la mérarchie, et deux Hiérarchies la phalangarchie. La phalangnrcliie était donc un corps * de 4,096 hommes, divisés en 256 files de 16 soldats chacune; autrement dit, la plialangarcliie comprenait 16 syntagmes, le syntagme étant de 16 liles, et la file de 16 hommes. La phalangarchie doublée s'appelait diphalangarchie , aile ou Corne (2); les deux cornes, séparées par un intervalle nommé le nombril ou la bouche de la phalange , formaient la lélraplialangarchie , corps de 16,384 hommes, nombre fixé par les tacticiens poul- les pesamment armés ou hoplites. Us y joignaient un tiers d’armés à la légère ou psiles, savoir: 8,192, et la moitié de ceux-ci pour la cavalerie, 4,096, divisés en 64 iles ou compagnies.

Les armés à la légère combattaient, lorsqu’ils étaient en nombre suffisant , sur 8 de hauteur, et s’employaient à toutes les opérations qui demandaient de la légèreté et de la promptitude. lisse mettaient, dans l’origine, derrière la phalange et jetaient leurs traits (3) par dessus les hoplites; plus tard, on les plaça sur le front, pour commencer le combat par les armes de jet, ou sur les flancs, pour suppléer à la cavalerie. Cette méthode était préférable.

Les hoplites combattaient en corps; eux seuls formaient . la phalange, dont la profondeur montait ordinairement . à

(4) Tactique JArrikn.

(2) Ce terme de corne signifie constamment, dans les auteurs grecs , la droite ou la gauche de la plinlnnge. .

(3) Les Acarnanieus possédaient le talent de hjen lancer ces traits. Lee frondeurs d'.Kgium, de l'ntras'et de l ‘y me, exercés dés l'enfance, dépassaient en habileté les frondeurs des Iles Baléares. Voyez Titk-Live, xx.vvui, 29.

16 hommes, mais qui se doublait facilement, ce qui portait cette profondeur à 32, ou se dédoublait , ce qui la réduisait à 8. Les chefs de file devaient être non-seulement les plus grands et les plus forts, mais encore les plus braves et les mieux exercés. Mômes conditions pour les serre-files.

Dans l’ordre de marche , à rangs et à files ouverts, l’hoplite occupait en tous sens 4 coudées (lœ 80) ; à rangs et à files serrés, 2 coudées (0“90), et à rangs très-serrés, 1 coudée (0"45). On chargeait à rangs et à files serrés; on soutenait le choc à rangs très-serrés. Dans celte dernière disposition, nommée synapisme, c’est-à-dire union des boucliers, les boucliers du premier rang couvraient le front de la phalange, et les boucliers des autres rangs formaient un toit sur la tête des soldats. On employait également cette disposition dans les sièges, pour se garantir des projectiles. — La principale arme de l’hoplite était la sarisse, pique de 1 4 coudées (6m30) de long, que les cinq premiers rangs tenaient horizontale. L'intervalle compris depuis les mains du soldat jusqu’au bout qui passait derrière lui, montant à 4 coudées (1“80) (1), la salisse du chef de file dépassait le front de la phalange de 10 coudées (4“50); et, comme nous avons vu

(4) Nnus suivons ici Arricn et Polylio (fragment du livre xvm), L'Encyclopédie méthodique ne compto, d'nprès Elien sans doute, cet intervalle que pour 2 coudées. La Bibliothèque hietorique et militaire (tome 1er, p. 29), a copié V Encyclopédie méthodique, dont elle a reproduit la fuute d’impression, en disant que la sarisse du premier rang dépassait le front de onr» coudées : dans cette hypothèse, il faut lire de douze. M. le colonel Armandi ( Hietoire militaire de t éléphant », p. 481 ) ne se prononce pas ; il assure que les cinq ou six premiers rangs tenaient lu sarisse horizontale. RoOMat (Coneidéraliont eur l'art de la guerre, 1816, p. 26) adopte la sarisse de 24 pieds, et dit « que chaque homme du premier rang était défendu par six ou huit pointes de sarisse. » Cibiacy ( llieloire de l’art militaire cher lee anrient, p. 4 03 de ma trad.) adopte aussi lu sarisse de 24 pieds, et fait dépasser le front de 48 pieds par la sarisse de l’homme du premier rang, et de 3 pieds par la sarisse de l'homme du sixième raug. — Suivant I’olybb (fragment cité), la sarisse de 4 4 coudées se trouvait déjà raccourcie , car elle mesurait primitivement 4 6 coudées.

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ci-dessus chaque rang occuper, à rangs serrés, 2 coudées (0*90), il s’ensuit que dans cette disposition le front de la phalange se trouvait dépassé de 8 coudées (3“60) par la sarisse de l’homme du second rang, de 6 coudées (2*70) par

la sarisse de l’homme du troisième rang, de 4 coudées (1*80) . par la- sarisse de l’homme du quatrième rang, et de 2 coudées (0*90) par la sarisse de l’homme du cinquième rang.

A partir du sixième rang, la pique horizontale ne pouvait plus dépasser le front et n’aurait fait que gêner : on la tenait appuyée sur les épaules du rang précédent, la pointe en haut.

Les auteurs qui ont écrit sur l’art militaire des Grecs ne sont pas d’accord sur la supputation de la longueur exacte du front de la phalange, parce qu’ils admettent des nombres différents pour les distances qui séparent les phalangarchies et diphalangarchies, distances sur lesquelles les auteurs anciens ne s’expliquent pas nettement. Aussi, pour ne pas augmenter le nombre des opinions diverses émises sur un sujet aussi peu important, je me contenterai de dire que les divisions de la phalange nfc laissaient entre elles aucun intervalle bien jparqué, en ayant soin, toutefois, d’ajouter que ces intervalles devaient exister en petit nombre, car la propriété fondamentale de la phalange consistait à former la ligne pleine (1).

(4) L'Encyclopédie méthodique néglige k tort, dans son texte , les intervalles qui sépnraient les divisions de la phalange. Ainsi, K rangs ouverts, elle calcule k raison de 4 coudées par file, ce qui donne 4,096 coudées (4,843*20) pour lo front do la tétraphalaugarchie , qui avait 4.0:24 files. Dans cette manière de compter, la longueur du front à rangs ouverts est le double de ce qu'elle est h rangs serrés, et le quadruple de ce qu’elle est & rang» très-serrés. — D'Kckammevillk , dans sou Essai hitlorique et militaire de l'art de la guerre (ouvrage anonyme, tome lrr, 4789, uoto de la p. 48), tombe dans l’excès opposé. Il admet dm intervalles entre tontes les divisions Je la phalunge, & partir du syntagme, et il arrive ainsi au nombre de 632

Les cha/caspistes (1),- communément appelés peltastes (2), sorte d’infanterie qui tenait le milieu entre les hoplites et les armés à la légère, étaient souvent tout ce que les confédérés pouvaient fournir. Il fallait un État puissant pour équiper, avec une tétraphalangarchie d’hoplites, la proportion d’armés à la légère et de cavaliers demandée par les tacticiens. Les États puissants eux-mêmes, dans la composition de leurs armées, ne suivaient guère cette proportion de la théorie (3). Du reste, il n’était nullement nécessaire, comme le remarque judicieusement Barthélemy (4) , d’arriver à un nombre fixe pour qu’il y eût phalange. Les troupes se trouvaient rangées en phalange, lorsque, en partant de l’élément de la file, les divisions se formaient toujours en doublant, quel que fût le terme supérieur où l’on s’arrêta. Les historiens d’Alexandre donnent souvent le nom de phalange à la mérarêhie et à la phalangarchie, ce, qui fait dire au P. Daniel (5) que le corps qui avait 256 files, chacune de 16 hommes, « c’était ce qu’on appelait proprement phalange. »

§ 4. officiers.

Chaque division de la phalange avait un chef. Ainsi , outre les chefs de files, il y avait des dilochites, des tétrarques, des taxiarques, des syntagmarques, des pentacosiarques, des

toise» (4.231n,ï7) pour lu longueur (à rang» serré») du front de la tétraplialangarchie.

(t ) Ainsi nommé» parce qu’ils portaient des boucliers d’acier.

(2) Du mot ir»).TTi (petit bouclier rond).

(3) Cours de lacliqut, par Jolt de Maizkrot. tonie 1" , p. 55

(*) Voyage d'Anacharsis, chap. 10.

(5) Histoire de la milice française t tonie II, p. 597.

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chiliarques, des Hiérarques et des phalangarques. Ces officiers se plaçaient, suivant l’ordre de bravoure, aux'postes d’encadrement réputés les plus périlleux. Dans la tétrarchie, le chef de file le plus brave se plaçait à la tète de la première file; le second plus brave à la tête de la quatrième file ; le troisième à la tète de la deuxième, et le quatrième à la tête de la troisième. Les tétrarques, dans le syntagme, les syntagmarques, dans la cliiliarchie, et les chiliarques, dans chaque phalangarchie, suivaient le même ordre.

Le général marchait ordinairement à la tète de sa phalange. ï’hilopœmen trouvait cette habitude mauvaise : « Il estimait qu’il devait se mettre tantôt à la queue, tantôt au ' centre , et caracoler souvent de côté et d’autre, pour observer si tout était dans l’ordre et redresser ce qui n’y était pas ('1). »

Chez les Athéniens, chaque général était constamment accompagné d’un officier subalterne', nommé écuyer , qui gardait son bouclier et le suivait dans la mêlée.

Les Spartiates confiaient la surveillance des troupes à un grand nombre d’officiers ou agents. Dans leurs armées, presque tous leurs soldats, pour nous servir de l’expression de Thucydide, étaient «commandants de commandants. » Les ordres des rois, se communiquant de chef en chef, arrivaient ainsi « en un clin d’œil (2). »

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