‹ Histoire de l'art de la guerreChapitre 16 sur 127 · COMMANDEMENTS , HÉRAUTS · texte numérisé non relu

COMMANDEMENTS , HÉRAUTS

Les ordres généraux, relatifs à la conduite des opérations,

se transmettaient par émissaires ou par des moyens secrets.

Citons parmi ces derniers la lettre scytah, en usage chez

les Spartiates, écrite sur un papier roulé autour d’un bâton

et qu'on ne pouvait lire qu’en la roulant , dès qu’on l’avait

reçue, sur un bâton absolument semblable (2).

Les commandements d’exécution étaient clairs et précis. v Le nom qui caractérisait le mouvement se mettait le premier; ainsi l’on commandait : — ters le bouclier, tournez (3) ; — Lacédémonienne, contre-marche. — Lorsque la voix ne pouvait se faire entendre, on y suppléait par des signaux ; lorsque ceux-ci ne se pouvaient voir, on y suppléait par le son de la trompette. Enfin, lorsque la trompette ne se pouvait entendre, des officiers couraient de rang en rang pour communiquer le commandement. — On exerçait les troupes à se mouvoir aux commandements faits par signaux, principalement au moyen d’un mouvement des enseignes (4).

Voici les fonctions des hérauts : ils dftionçaient la guerre, proposaient la paix ou les trêves , publiaient les ordres du

(1) De l’Origine dei lois, etc., par Gogüet, IIIe époque, livre v, chap. 2, art. 2.

(2) Plutarque, Vie de Lynandre.

(3) C'était le commandement pour faire fairo an à-gauche; l’à-droite «'exécutait au commandement do Vert la pique, tournez , parce que la pique »e tenait dans la main droite.

(i) Ces enseignes portaient lea images des dieux et demi-dieux.

GRECS

chef de l’armée , prononçaient les commandements ou les transmettaient aux porteurs des enseignes, convoquaient les troupes, annonçaient l’instant du départ et le but vers lequel on se dirigeait, fixaient pour combien de jours on devait prendre des vivres. Leur personne était sacrée.

Les Grecs entretenaient leur force et leur agilité par de nombreux exercices gymnastiques, dont ils avaient contracté l'habitude dès l’enfance. Il faut mentionner, parmi ces exercices, la danse guerrière dite pyrrhique : elle consistait à marcher d’une certaine manière au son d’un air gai et militaire , et à imiter tous les gestes et toutes les attitudes des combattants. Quant à la lutte et au pugilat, c’étaient des exercices d’ostentation auxquels se livraient seul» les athlètes de profession : ils auraient été plus nuisibles qu’utiles aux soldats. On les exerçait plutôt à courir, sauter, lancer des traits, franchir des fossés, grimper sur des hauteurs; on leur faisait exécuter toutes sortes d’évolutions dans lesquelles on mélangeait à dessein l’infanterie et la cavalerie. Dans les simulacres de guerre on se servait de piques sans fer, et on remplaçait les traits par des mottes de terre.

On habituait les soldats à se mettre en mouvement d’un pas mesuré et à hausser le pas à l’approche de l’ennemi. Savoir marcher en avant sur un grand front et aller à la charge sans flQttement constituait pour leç anciens un mérite que leur grande profondeur rendait plus facile à acquérir. Dans une bataille , la contenance des troupes en marchant faisait pressentir aux généraux l’issue de la charge.'

On apprenait aux cavaliers à monter et à descendre de

cheval ; ils s’exerçaient à la voltige sur des chevaux de bois, point important, les anciens manquant d’étriers.

Les Grecs étaient parvenus, à force d’études et d’exercices, à obtenir dans leurs évolutions une précision parfaite, favorisée d’ailleurs par la forme et la disposition invariable de la phalange, dont chaque partie, quel que fût son effectif, offrait partout les mêmes rapports : cette précision mathématique est un des traits principaux qui séparent l’art militaire ancien de l’art militaire moderne.

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