CRIS DE COMBAT ET MUSIQUE
Une partie des. Grecs, tels que les Argiens, les Mantinéens et les Macédoniens, chargeait , comme Içs peuples barbares, avec de grands cris mêlés au bruit des instruments de guerre. Une autre partie ne criait point en chargeant, mais entonnait , dès que les entrailles des victimes avaient été déclarées favorables, un air très-vif adapté à de petits vers : c’était l’hymne du combat qui portail le nom de pean. 11 y en avait deux sortes : le premier se chantait avant la bataille en l’honneur de Mars ; le second après la victoire, en l’honneur d’Apollon. Toutes les femmes de l’armée y joignaient leurs voix (1).
Les Grecs aimaient la musique, et, reconnaissant sa grande influence sur les mœurs (2) , en faisaient une partie de l’éducation. Us avaient aussi constaté qu’elle exaltait lë courage et l'employaient â la tête de leurs armées. Les La-
(4) Xknophon, Dix mille, livre IV.
(î) Poltbe (livre iv, chap. 5} attribue la férocité des Cynéthéens h ce qu’ils avaient négligé la musique, et les mœurs douces et hospitalières des Arcadiens à « l' exercice de la belle musique. »
GRECS
cédémoniens observaient constamment les pas mesures et cadencés; ils avaient adopté les flûtes pour les précéder au combat; quelquefois ils y joignaient les lyres. Les Argiens et les Grecs d’Asie employaient aussi la trompette. Le son de ces instruments « réglait le pas des soldats et les empêchait de rompre leurs rangs (1), » ce qui semble une condition essentielle pour un corps aussi étendu en front que la phalange. •