S 5. ACCESSOIRES
L’habitude du soldat romfian de porter, outre ses armes, son bagage et ses vivres, lui rendait inutile l’usage des valets. Il n’y en avait à la suite des légions que pour les per-
(1) Voyez pour exemple Tacite, Histoire, I, 25.
sonnes d’un rang distingué. Mais peu à peu leur nombre augmenta, comme celui des bêtes de somme. Dans la guerre d’Afrique, César les interdit à son armée (1). La race des valets était d'ailleurs lâche et insolente (2) ; elle ne quittait le camp que pour piller, et son service militaire se réduisait à venir, comme à Pydna, au-devant des légionnaires vainqueurs ; il lui était défendu de jeter le cri de combat.
« On conduisait à la suite de l’armée quelques bêtes de charge, mais elles étaient en petit nombre. Il y en avait de publiques qui portaient les tentes, les meules et autres ustensiles. 11 y en avait aussi qui appartenaient aux personnes considérables. On ne se servait presque point de chariots, parce qu’ils étaient trop embarrassants (3), »’ ce qui, dans les défaites, forçait à abandonner les blessés sur le champ de bataille, faute, de moyens pour les transporter. Le peu de chariots qui suivaient les armées étaient employés au transport des armes de rechange ; ces chariots , montés sur deux ou quatre roues aux jantes larges, étaient solidement construits et traînés par dos bœufs ou dos chevaux (4).
Outre les valets, les armées romaines étaient suivies d’artisans, de vivandiers, de marchands de vin, et, dans les moments où la discipline se relâcha, d’histrions, de sacrificateurs et de courtisanes. En arrivant devant Numance, Scipion chassa de l’armée romaine plus de 2,000 femmes de débauche.
Les armées étaient aussi accompagnées de médecins ; il y en avait un par cohorte.
(1) Hirtics, Guerre d'Afrique, chap. 47.
(2) Voyez Cer Ail , Guerre des Gaulee, livre xi , chap. 24, et Tacite , Histoire, Üvre il, chap. 87.
(3) Nieupoort, p. 290.
(4) Gdischardt, Mémoires critiques , tome Ier, p. 359 et 3G2.
ROMAINS
La première cavalerie romaine était médiocre et servait à pied ou à cheval, suivant le besoin ; elle se perfectionna par le contact des Carthaginois. s
La cavalerie faisait partie de la légion, et, d’après les différents effectifs que nous avons cités, il est facile de voir que son rapport à l’infanterie varia successivement du dixième au vingtième; mais à chaque époque le nombre de cavaliers attachés à la légion fut presque toujours invariable et indépendant des circonstances et des lieux. « On est obligé de blâmer cet aveuglement des consuls. . . Ils ne firent point de différence entre les plaines de l»t‘ Lombardie et les montagnes de la Ligurie. En Espagne, ils avaient tout autant de cavalerie qu’en Afrique ; et dans les Alpes le même nombre d’escadrons que dans les plaines du royaume de Naples (1). » Pour être chevalier romain, il fallait avoir un certain revenu et une conduite régulière. Les chevaliers portaient comme signe distinctif un anneau d’or ; leur cheval était fourni et entretenu par l'État. Les censeurs passaient tous les ans (2) la revue des chevaliers, dégradaient (3) ceux contre lesquels on formulait une accusation ou dont le cheval se trouvait en mauvais état, et donnaient lcu^ congé à ceux qui avaient déjà dix ans de service.
Les cavaliers de chaque légion étaient divisés en dix turmes, de 30 à 32 maîtres, rangés sur 3 ou 4 rangs de pro-
(1) GtnscilAJtDT, Memotrei -mili taire t, tome I"\ p. 31 . ' »’
(S) Maizeboy, dans son Court de tactique , tome III, p. 84, dit tons les cinq ans. ‘ . .
(3) En dos forçant il vendre leur cheval. *